Syrie: Le point sur le sort de la journaliste Edith Bouvier

MONDE La journaliste du «Figaro» serait toujours à Homs...

Corentin Chauvel avec agences

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Capture d'écran d'une vidéo montrant la journaliste française Edith Bouvier à Homs (Syrie), le 23 février 2012.
Capture d'écran d'une vidéo montrant la journaliste française Edith Bouvier à Homs (Syrie), le 23 février 2012. — 20MINUTES.FR

Blessée la semaine dernière à Homs, la journaliste du Figaro, Edith Bouvier, se trouvait mercredi «dans un endroit protégé» de la ville, selon le président du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun. 20 Minutes fait le point sur son sort ce jeudi.

Quelle est la situation actuelle à Homs?
Le quartier rebelle de Baba Amro est soumis à des bombardements incessants depuis 25 jours qui se poursuivaient ce jeudi, selon les militants de l'opposition. La majeure partie des insurgés syriens qui s'y étaient retranchés ont fini par s'en retirer, ont déclaré ce jeudi des opposants en contact avec les rebelles. Quelques combattants sont restés sur place pour tenter de couvrir le «retrait tactique» de leurs compagnons d'armes, ont-ils ajouté. Selon Mohaimen al Rumaid, haut responsable de l'Armée syrienne libre, composée de déserteurs, au moins 7.000 soldats encerclent ce quartier hissé au rang de symbole de la contestation populaire du régime.

Que sait-on de la situation d’Edith Bouvier?
Si la journaliste était en lieu sûr mercredi, vraisemblablement à Homs, le président du CNS ne sait pas «si elle est toujours dans un endroit protégé» ce jeudi. Surtout, d’après le Comité de coordination locale syrien, opposé au régime de Bachar al-Assad, Edith Bouvier refuserait de quitter seule le quartier rebelle de Baba Amro, «sans le reste des civils syriens blessés». Elle «demande que l’ambassadeur de France se déplace personnellement et fasse tout ce qui est en son pouvoir», indique le site de l’association. Mardi, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait déclaré que l’état de la journaliste, qui souffre de fractures à la jambe, s’était «stabilisé».

Quels moyens sont mis en place pour la secourir?
Ils ne sont pas connus, le gouvernement se faisant discret sur le sujet, notamment depuis l’erreur de Nicolas Sarkozy qui avait annoncé mardi l’évacuation de la journaliste au Liban avant de se rétracter et de s’en excuser. Ce dernier a toutefois précisé que Paris travaillait sur l’exfiltration d’Edith Bouvier, mais que les communications avec Homs étaient difficiles. Le gouvernement suit heure par heure la situation «extrêmement complexe» sur place, a renchéri mercredi la porte-parole du gouvernement français, Valérie Pécresse, tout en se refusant à donner le moindre détail sur son évolution. «Le gouvernement est totalement mobilisé sur cette affaire et elle a été longuement évoquée en conseil des ministres», a-t-elle déclaré. Contacté par 20 Minutes, le ministère des Affaires étrangères a répondu ce jeudi par l'intermédiaire d'un communiqué indiquant à son tour que la discrétion s'imposait et qu'«un arrêt des violences est indispensable pour parvenir» à l'évacuation, dans des conditions sécurisées, d'Edith Bouvier.

Quel sort pour les autres journalistes présents sur place?
Après l'évacuation mouvementée mardi du photographe britannique Paul Conroy, le journaliste espagnol Javier Espinosa a également pu gagner le Liban, a déclaré mercredi soir un militant de l'organisation d'opposition syrienne Avaaz, Wissam Tarif. Outre Edith Bouvier, le photographe français William Daniels se trouverait lui aussi toujours dans le quartier de Baba Amro à Homs. «Leurs vies sont sérieusement en danger», a indiqué mardi au Figaro la compagne de Javier Espinosa, Monica Garcia Prieto. Elle a souligné que les informations contradictoires circulant à leur sujet risquaient de compromettre l'opération d'évacuation.