Syrie: L'incertitude demeure autour de l'évacuation d'Edith Bouvier

CONFLIT Nicolas Sarkozy ne confirme finalement pas l'arrivée de la journaliste française au Liban...

B.D. avec agences

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Paul Conroy et Edith Bouvier, blessés à Homs (Syrie), lancent un appel à l'aide dans deux vidéos postées sur Youtube le 23 février 2012.
Paul Conroy et Edith Bouvier, blessés à Homs (Syrie), lancent un appel à l'aide dans deux vidéos postées sur Youtube le 23 février 2012. — 20MINUTES.FR

Il confirme... puis infirme. Nicolas Sarkozy est revenu ce mardi sur ses déclarations de l'après-midi: Alors qu'il avait annoncé que la journaliste français Edith Bouvier avait été quittée la Syrie et avait été évacuée et se trouvait saine et sauve au Liban, le chef de l'Etat est revenu sur cette affirmation. «Je me suis montré imprécis, auprès de vous, je m'en excuse», a-t-il indiqué aux journalistes présents à ses côtés à Montpellier.

Edith Bouvier, journaliste au Figaro, a été blessée lors d'un bombardement à Homs, mercredi. Son confrère, le photojournaliste britannique Paul Conroy, blessé dans la même attaque, a lui été évacué au Liban.

Incertitude

Nicolas Sarkozy avait confirmé ce mardi après-midi à la presse que la journaliste française était «saine et sauve au Liban». «Je suis heureux que le cauchemar prenne fin» pour elle avait ajouté le chef de l'Etat, reconnaissant que «ça n'avait pas été une négociation extrêmement facile».

L'incertitude continue donc sur le sort de la journaliste française. Des opposants syriens ont affirmé ce mardi matin à Reuters qu'elle avait été évacuée vers le Liban, mais le ministère français des Affaires étrangères et l'Elysée n'ont pas confirmé l'information, pas plus que Le Figaro, le quotidien pour lequel Edith Bouvier travaille.

«Extrême prudence»

«Nous n'avons pas à ce stade d'informations qui nous permettraient de confirmer», a déclaré lors d'un point de presse le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, appelant à faire preuve de la plus «extrême prudence». «On ne confirme pas qu'elle soit sortie», a renchéri Soizic Dollet, responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF), qui dit disposer d'informations contradictoires sur son sort.

Un membre du groupe d'activistes syrien Avaaz, qui a aidé des journalistes à se rendre à Homs, a déclaré qu'Edith Bouvier et deux autres journalistes occidentaux se trouvaient toujours dans la ville en proie à des violences. Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait auparavant dit mardi matin sur RTL que l'état de la journaliste française était stabilisé. «Il semble que sa situation de santé soit stabilisée mais il faut qu'elle puisse être évacuée le plus vite possible», avait-il dit.

Paul Conroy «sain et sauf» au Liban

Un diplomate en charge du dossier a annoncé un peu plus tôt que le photojournaliste britannique Paul Conroy était, lui, «sain et sauf» au Liban. Le père de Paul Conroy, Les, a confirmé l'information à des médias britanniques. «On vient d'apprendre la nouvelle de Beyrouth. Je l'ai eu au téléphone», a-t-il déclaré, alors que le Foreign office n'était pas été en mesure de confirmer l'information.

Paul Conroy, 47 ans, père de trois enfants, qui travaille notamment pour le Sunday Times, avait lancé un appel en vue d'être exfiltré de la ville de Homs la semaine dernière dans une vidéo. Il était apparu les traits tirés, allongé sur un sofa. Il avait déclaré souffrir de «trois blessures profondes à la jambe» et avoir reçu des éclats à l'abdomen.

Lundi, une évacuation de Paul Conroy et Edith Bouvier avait été tentée, mais avait échoué, selon Le Figaro. Edith Bouvier, qui travaille notamment pour le journal Le Figaro, a subi une fracture de la jambe pendant le bombardement qui a coûté la vie au photographe français Rémi Ochlik et à la journaliste américaine Marie Colvin, du Sunday Times.