Sénégal: Wade et Sall au coude-à-coude au premier tour de la présidentielle

MONDE Le président sortant serait mis en ballotage par l'ancien Premier ministre...

C.C. avec Reuters

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Le responsable d'un bureau de vote vide une urne à Dakar (Sénégal), le 26 février 2012.
Le responsable d'un bureau de vote vide une urne à Dakar (Sénégal), le 26 février 2012. — STRINGER / REUTERS

Wade s'était dit certain de gagner dès le premier tour. Cela mal parti. Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle disputé dimanche au Sénégal s'annoncent en réalité très serrés entre le président sortant Abdoulaye Wade et l'ancien Premier ministre Macky Sall, selon les premiers résultats partiels non officiels.

Quelque 5,1 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes à l'occasion d'un scrutin sous haute tension après les violences qui ont suivi la validation de la candidature d'Abdoulaye Wade, 85 ans, en quête d'un troisième mandat. «Nous pensons que le deuxième tour pourrait opposer Macky Sall au président Wade», a indiqué Jean-Paul Diaz, allié politique de Macky Sall, s'appuyant sur des décomptes internes. «Les chiffres dont nous disposons montrent qu'un second tour est inévitable», a renchéri Macky Sall ce lundi. Selon lui, les résultats partiels accorderaient 32% des voix au sortant et 28% à lui.

Wade persuadé de s'imposer dès le premier tour

Selon des résultats partiels non officiels publiés sur le site Internet SUNU2012, Wade recueille 24% des voix, devant Salls (21%) sur les 10% de bulletins dépouillés. Pour Moustapha Niasse, 72 ans, un ancien allié de Wade qui se présente également à la fonction suprême, tout indique que l'actuel président ne sera pas élu dès le premier tour et que l'opposition devra s'allier au second pour le battre. Les résultats partiels le donne en troisième position avec 13% des suffrages. «Quelle que soit la personnalité du candidat qui lui fera face au second tour dans tous les cas, arrêter Wade est un impératif, c'est une nécessité, c'est une obligation», a-t-il indiqué sur RFI en prônant la formation d'une coalition anti-Wade au second tour.

Pour le camp présidentiel, il est trop tôt pour dégager une tendance qui pourrait toutefois évoluer rapidement, le chef de l'Etat bénéficiant d'un fort soutien dans les zones rurales du pays. Dans une interview publiée dans le Journal du Dimanche, Abdoulaye Wade s'est dit persuadé de remporter l'élection présidentielle dès le premier tour. Un de ses porte-parole, Amadou Sall, a estimé qu'il était trop tôt encore pour tirer des conclusions sur l'issue du scrutin.

Wade hué à son bureau de vote

Abdoulaye Wade a été hué dimanche par une centaine de personnes au moment de mettre son bulletin dans l'urne. La foule a scandé en wolof «Wade, dégage», obligeant l'entourage du chef de l'Etat, visiblement fâché, à l'escamoter à la sortie du bureau de vote sans qu'il puisse prendre la parole.

Les opposants au chef de l'Etat sortant affirment que sa candidature viole le principe constitutionnel limitant à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Wade estime que cette disposition ayant été introduite durant son premier mandat, elle ne rentre pas en ligne de compte. Au moins six personnes ont péri dans les heurts entre opposants et policiers depuis fin janvier et la décision de la Cour suprême d'autoriser Wade à se présenter.