la vigne renoue avec ses racines

audrey chauvet

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Pascal Aufranc bichonne ses vignes de Chénas, et les moutons désherbent celles du Quatourze (Languedoc).
Pascal Aufranc bichonne ses vignes de Chénas, et les moutons désherbent celles du Quatourze (Languedoc). — a.chauvet / 20 Minutes

Pour un amateur de vin, rien à voir entre un corbières et un morgon. Pourtant, les vignerons du Languedoc et du Beaujolais sont confrontés aux mêmes défis : produire un vin de qualité sans nuire à l'environnement et palier une réputation de vin bas de gamme. Pour cela, ils se tournent vers une production raisonnée ou bio.

Bon climat pour le bio
Dans le Languedoc, le climat facilite la conversion au bio. Le mildiou, principale menace pour la vigne, y est quasiment absent : « Le vent et le soleil évitent ce champignon », explique Georges Ortola, vigneron près de Narbonne et membre du groupe Val d'Orbieu, poids lourd du vin avec plus de 10 300 hectares en Languedoc, qui incite ses membres à se convertir. Vinification, embouteillage, marketing... Tout est sous contrôle. Même l'immense chai inauguré en 2010 est écologiquement correct avec sa faible consommation d'énergie et son bassin d'épuration des eaux.

Les pieds dans la terre
Changement de paysage et d'échelle dans le Beaujolais. Sur ces coteaux au climat humide, les parcelles dépassent rarement dix hectares et il est difficile d'éviter des traitements ponctuels contre le mildiou ou l'utilisation de désherbants, faute de pouvoir faire passer une machine entre les ceps. « Un bio en tracteur pollue plus qu'un non-bio qui met un peu de produit », recadre Robert Perroud, vigneron de Brouilly et fondateur de Terroirs originels, entreprise dans laquelle une vingtaine de vignerons se sont associés pour embaucher des commerciaux et pouvoir rester « à leur place », dans les vignes.
Le label bio n'est pas indispensable pour eux : préserver la nature va de soi. « J'utilise deux fois moins de produits qu'il y a vingt ans, ils sont plus ciblés », explique Pascal Aufranc, vigneron de Chénas. Il a parfois recours au cuivre, comme les bio, mais à petite dose. Pour Robert Perroud, plus partisan d'un commerce équitable du vin que du bio à tout prix, l'important est l'éthique. Petits producteurs ou labels verts, peu importe le flacon...