Syrie: La Croix-Rouge discute avec Damas pour une aide humanitaire à la population

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Le CICR a dit lundi être en pourparlers avec Damas afin de pouvoir fournir une aide humanitaire à la population syrienne, au moment où des militants appelaient à une évacuation des femmes et des enfants d'un quartier de la ville rebelle de Homs, toujours bombardée.
Le CICR a dit lundi être en pourparlers avec Damas afin de pouvoir fournir une aide humanitaire à la population syrienne, au moment où des militants appelaient à une évacuation des femmes et des enfants d'un quartier de la ville rebelle de Homs, toujours bombardée. — Bulent Kilic afp.com

Le CICR a dit lundi être en pourparlers avec Damas afin de pouvoir fournir une aide humanitaire à la population syrienne, au moment où des militants appelaient à une évacuation des femmes et des enfants d'un quartier de la ville rebelle de Homs, toujours bombardée. Dans le même temps, le président Bachar al-Assad s'est déclaré convaincu que l'opposition était financée et armée par des pays étrangers.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) étudie les moyens d'acheminer de l'aide, y compris «l'arrêt des hostilités dans les zones les plus affectées pour faciliter l'accès au Croissant-Rouge syrien et au CICR auprès des populations dans le besoin», a déclaré à Genève un porte-parole, Bijan Farnoudi. Il a qualifié d'«urgent» le besoin en aide humanitaire. «Le contenu de ces discussions» avec les autorités syriennes et l'opposition armée «reste confidentiel», a-t-il précisé.

Les habitants de Homs «attendent la mort»

Au moins 24 personnes --19 civils et 5 soldats-- ont été tuées dans les violences lundi en Syrie. A Homs, douze civils sont morts, dont trois enfants de la même famille dans le quartier d'Al-Malaab, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Nous demandons qu'on nous permette de faire sortir les femmes et les enfants de Baba Amr», le quartier le plus touché par les bombardements depuis le début de l'offensive des forces du régime sur la ville le 4 février, a plaidé Hadi Abdallah, membre de la Commission générale de la révolution syrienne, un des groupes de l'opposition. «Les habitants vivent dans le froid et dans des conditions insoutenables, ils attendent la mort», a-t-il affirmé à l'AFP, alors que plusieurs quartiers de Homs, baptisée «capitale de la révolution», sont assiégés et bombardés sans relâche depuis plus de deux semaines.

D'autre part, cinq militaires ont également été tués dans la province de Hama (centre) et à Idleb (nord-ouest). Et un homme d'affaires pro-régime a été tué par balles à Alep (nord), selon l'OSDH. A Damas, théâtre de manifestations sans précédent ces derniers jours, les services de sécurité restaient en état d'alerte. Des jeunes ont osé hisser le drapeau utilisé par les contestataires sur un pont à l'entrée de la capitale, selon une vidéo postée par des militants. «C'est un acte de défi», a commenté le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Mise en garde contre un «scénario irakien»

A Rome, où étaient réunis dix ministres des Affaires étrangères de pays méditerranéens, le ministre tunisien Rafik Abdessalem a indiqué que le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, serait représenté à la conférence internationale sur la Syrie vendredi en Tunisie. Rafik Abdessalem a par ailleurs mis en garde contre un «scénario irakien» en Syrie, alors que des voix s'étaient récemment élevées pour armer l'opposition.

Lundi, les autorités ont libéré deux figures de la contestation: la blogueuse Razan Ghazzaoui, arrêtée jeudi, et le cinéaste Firas Fayyad, incarcéré depuis novembre, selon l'avocat et défenseur des droits de l'Homme Anouar al-Bounni. Des organisations et mouvements laïques syriens ont par ailleurs lancé un appel à manifester mardi devant le Parlement à Damas contre une référence à l'islam dans le projet de Constitution, qui doit être soumis à un référendum le 26 février prochain.