Sénégal: Violents affrontements entre manifestants et policiers à Dakar

Reuters

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De violents affrontements ont opposé vendredi en plein centre de Dakar les forces de l'ordre à des manifestants hostiles au président sénégalais Abdoulaye Wade, qui briguera le 26 février un troisième mandat à la tête de l'Etat.

La police a bouclé la place de l'Indépendance, près du palais présidentiel, et a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires qui ont incendié des poubelles, lancé des pierres sur les forces de l'ordre et érigé des barricades dans plusieurs rues du centre-ville. Magasins et bureaux ont été contraints de fermer l'après-midi.

Plusieurs manifestants se sont réfugiés dans une mosquée pour échapper aux policiers.

Le Mouvement du 23-Juin (M-23) qui rassemble opposition politique et groupes de la société civile, juge que la candidature d'Abdoulaye Wade, 85 ans, à un troisième mandat est contraire à la Constitution.

Les heurts ont fait au moins quatre morts, dont un policier, depuis le mois dernier, quand la candidature du président sortant a été validée par le Conseil constitutionnel.

Rassemblements interdits jusqu'au jour du scrutin

Tous les rassemblements sont interdits jusqu'au jour du scrutin et Idrissa Seck, ancien Premier ministre de Wade et candidat à la présidence, a été empêché par la police d'entrer sur la place de l'Indépendance et de rejoindre la manifestation.

Un autre candidat à la présidentielle, le dirigeant d'opposition Cheikh Bamba Dieye, a déclaré qu'un policier avait lancé une grenade incapacitante dans sa voiture alors qu'il cherchait à atteindre la place. Deux de ses conseillers ont été blessés.

Les journalistes de Reuters ont vu plusieurs blessés, dont une femme de la police, évacués en ambulance.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) rapporte que deux journalistes ont été blessés - Sophie Barro, du quotidien L'Observateur, et un journaliste occidental qui aurait été blessé au visage.

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), réunis vendredi au Nigeria, ont annoncé le prochain envoi à Dakar d'une mission conjointe avec l'Union africaine, conduite par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, afin d'inciter toutes les parties au dialogue.