Pays-Bas: Wilders, leader de l'extrême droite, s'attire les foudres de l'Europe de l'Est

Reuters
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L'élu néerlandais Geert Wilders, chef de file de la droite xénophobe, a suscité une nouvelle polémique en organisant sur Internet une collecte de témoignages sur les prétendues nuisances des travailleurs en provenance d'Europe centrale et orientale.

Quarante mille de ces témoignages ont été recueillis sur le site qu'il a lancé le 8 février et qui accapare depuis le débat politique aux Pays-Bas. Il suscite en outre de très vives réactions à l'étranger.

Dans une lettre ouverte publiée lundi, les ambassadeurs de dix Etats de la région visée invitent «la société et les dirigeants politiques néerlandais à se démarquer de cette initiative déplorable». La Commission européenne s'en est également émue, mais Geert Wilders n'a aucune intention de renoncer à son site.

«C'est un énorme succès»

«Je ne me soucie guère de tout ce battage, ni des critiques de dix ambassadeurs d'Europe de l'Est, de la commission européenne et du président du Parlement européen», a-t-il déclaré mercredi à Reuters.

"Nous avons eu 40.000 réactions en moins d'une semaine, c'est donc un énorme succès. Je suis très fier de ce site Web.»

Dans un sondage publié mercredi, 61% des Néerlandais interrogées jugent qu'il porte atteinte à l'image des Pays-Bas et 50% souhaitent que le Premier ministre Mark Rutte s'exprime sur le sujet. Un tiers redoute en outre des conséquences graves pour l'économie nationale.

«Evidemment que ce n'est pas de la discrimination»

«Cette migration massive de travailleurs pose de nombreux problèmes: atteintes à l'ordre public, pollution, engorgement du marché du travail, problèmes d'intégration et de logement», peut on lire sur le site.

Les appels à l'interdiction se multiplient, mais les autorités assurent qu'il n'enfreint pas la législation sur la discrimination.

«Evidemment que ce n'est pas de la discrimination. Nous avons horreur de tout ce qui touche à la discrimination», a assuré Geert Wilders. «Nous aurions pu faire un site sur les Canadiens en Hollande, mais nous n'avons pas de problèmes avec les Canadiens de Hollande», a-t-il ironisé.