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Tibet: Le Premier ministre chinois juge les immolations contraires aux intérêts tibétains

Le Premier ministre chinois a estimé que les récentes immolations par le feu de plusieurs religieux tibétains étaient des actes isolés n'ayant pas l'approbation de la majorité des habitants de cette province chinoise annexée en 1950. Depuis mars, au moins 15 Tibétains ont succombé à leurs brûlures en s'immolant par le feu, au Tibet mais aussi dans certaines parties des provinces du Sichuan et du Gansu.

"Toute tentative d'inciter un petit nombre de moines à se livrer à des actions extrêmes afin de saper la stabilité du Tibet est contraire à l'intérêt du développement du Tibet et aux intérêts des Tibétains. Ces tentatives n'ont aucun soutien de la population", a affirmé Wen Jiabao. "Nous respectons et protégeons l'environnement écologique et la culture traditionnelle du Tibet, ainsi que sa liberté religieuse", a-t-il ajouté, au terme d'une conférence de presse avec les dirigeants européens en visite à Pékin.

Le Tibet «inséparable» de la Chine

Le Tibet, a-t-il ajouté, est une "partie inséparable" de la Chine, où Pékin a fait d'importants efforts en faveur du développement. "Nos compatriotes tibétains sont une composante importante de la famille des groupes ethniques chinois. Ils sont nos frères." Les tensions se sont accrues au Tibet depuis le mois de janvier, et la Chine s'inquiète de l'impact que ces suicides de protestation pourraient avoir dans la région. Les auteurs d'immolations ont été qualifiés de "terroristes" par Pékin.

Le gouvernement chinois accuse la communauté tibétaine en exil, et notamment son chef spirituel le dalaï lama, d'inciter à la révolte. Le dalaï lama, réfugié à Dharamsala en Inde depuis 1959, a pour sa part attribué les immolations au "génocide culturel" mené par la Chine. Les militants des droits de l'homme craignent que les suicides ne s'accélèrent avant le Nouvel An tibétain, qui débute le 22 février, malgré une présence policière renforcée dans la région.