Contraception: Obama recule d'un pas face à la droite religieuse

ETATS-UNIS Le président propose un compromis

P.B. avec Reuters
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Des tablettes de pilules contraceptives.
Des tablettes de pilules contraceptives. — AFP PHOTO/MYCHELE DANIAU

La contraception et l'avortement vont-ils redevenir des thèmes de campagne? Entre le feuilleton de la Komen Foundation et la fronde des républicains contre un projet de loi d'Obama, l'Amérique se déchire à nouveau. Vendredi, le président a fait un pas en arrière, proposant que le financement de la contraception soit assumé par les assureurs lorsque les organisations religieuses refusent de le couvrir pour leurs employées.

Ce compromis vise à répondre aux inquiétudes exprimées par les instances religieuses aux Etats-Unis, qui se sont vivement opposées au projet initial du président Barack Obama. Ce dernier voulait contraindre tous les employeurs, y compris les organisations religieuses telles que certains hôpitaux ou universités, à fournir à leurs employées une assurance santé couvrant notamment les frais de contraception.

Protéger la santé des femmes

«Dans le cadre de la nouvelle politique annoncée aujourd'hui, les femmes auront un accès préventif gratuit aux soins, y compris pour la contraception, quel que soit l'endroit où elles travaillent», écrit la Maison blanche dans un communiqué. «Si une femme travaille pour un employeur religieux refusant de fournir un accès à la contraception dans le cadre de son assurance santé, l'employeur religieux ne sera pas tenu de fournir une couverture pour la contraception mais l'assureur de la société sera tenu de fournir des soins contraceptifs gratuits», ajoute-t-elle.

Le président américain a souligné que ce compromis, qui a nécessité l'intervention rapide de ses conseillers, garantit «la liberté religieuse» tout en protégeant la santé des femmes. Plusieurs organisations chrétiennes et catholiques sont montée au créneau et refusent que leurs deniers puissent financer la contraception.

«Inquiétudes sincères»

Intervenant personnellement pour la première fois dans ce débat, Obama a reconnu que les organisations religieuses avaient des «inquiétudes sincères» concernant le droit régissant le contrôle des naissances, mais il a accusé certains de vouloir en faire un instrument de «tractations politiques».

L'ajustement proposé par la Maison blanche n'a pas eu l'heur de satisfaire le camp républicain qui a rejeté le compromis par la voix d'un de ses leaders à la Chambre des représentants. Fred Upton, président de la Commission de l'Energie et du Commerce, a estimé que Barack Obama avait tenté «un coup de poker» en présentant une loi excessive qui violait la liberté religieuse. Il a appelé les dirigeants républicains à rejeter cette loi.

Le leader des républicains à la Chambre, John Boehner, s'est fâché tout rouge, mercredi. Dans un long discours enflammé, il a dénoncé des attaques «contre la liberté religieuse» et a juré de tout faire pour bloquer la projet de loi.