Le Monténégro s'émancipe de la Serbie

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Les autorités du Monténégro, dont les citoyens ont décidé dimanche par référendum qu'ils voulaient l'indépendance vis à vis de la Serbie, prônaient depuis des années cette solution.
Les autorités du Monténégro, dont les citoyens ont décidé dimanche par référendum qu'ils voulaient l'indépendance vis à vis de la Serbie, prônaient depuis des années cette solution. — Dimitar Dilkoff AFP

Bienvenue au Monténégro. En votant, dimanche, « oui » à 55,4 % des voix (selon des résultats officiels provisoires) pour l'indépendance vis-à-vis de la Serbie, les Monténégrins ont à la fois donné naissance à un nouvel Etat et mis un point final à l'éclatement de la Yougoslavie communiste du maréchal Tito. Un résultat d'autant plus incontestable que plus de 86 % des électeurs de ce petit pays de 650 000 âmes ont mis leur bulletin dans l'urne. Au grand soulagement de l'Union européenne qui craignait que ces velléités indépendantistes ne débouchent sur un nouveau conflit dans les Balkans. C'est pourtant Bruxelles qui a insisté pour que le « oui » dépasse le seuil des 55 % des voix pour être valide. Que se serait-il passé si le résultat était tombé dans la zone grise entre 50 à 55 % ?

Mais la crise a été évitée : le score est sans appel, le déroulement du scrutin a reçu les satisfecit des observateurs étrangers, l'armée et le gouvernement serbes ont fait savoir que le résultat serait respecté. Seuls les unionistes monténégrins demandaient hier soir que les votes soient recomptés. « L'absence de réaction de la Serbie est le signe de la fin de la période de conflit. C'est une deuxième mort pour Milosevic, pour la folie nationaliste, s'est réjouie hier Corinne Deloy, de la Fondation Robert-Schuman. Une victoire pour la paix et la démocratie. »

La fête passée, le Premier ministre indépendantiste Milo Djukanovic devra prouver à ses concitoyens qu'ils ont fait le bon choix. Ce ne sera pas facile : économiquement, le pays n'a pas de richesses naturelles, il compte sur la beauté de ses paysages montagneux et sa situation sur les bords de l'Adriatique pour attirer les touristes et leurs devises. Politiquement, Djukanovic va « devoir trouver une vraie identité à son pays, ajoute la chercheuse. Ce ne sera pas facile. »

Clémence Lemaistre