Pakistan: Les tensions retombent entre civils et militaires

Reuters

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La Cour suprême du Pakistan a levé ce lundi l'interdiction de quitter le pays imposée à un ancien ambassadeur aux Etats-Unis mis en cause dans le scandale du "memogate", une décision susceptible de contribuer à l'apaisement des tensions entre le gouvernement civil et la puissante armée. Un panel de neuf juges a décidé que Husain Haqqani était désormais libre de quitter le Pakistan mais qu'il devait en informer préalablement la Cour suprême.

"Je suis heureux que la Cour suprême ait rétabli mon droit de voyager, dont j'ai été privé sans qu'aucune charge soit retenue contre moi", a déclaré Husain Haqqani à Reuters. "Je vais rejoindre ma famille aux Etats-Unis après des discussions avec les dirigeants du Parti du peuple pakistanais." La Cour suprême avait imposé cette interdiction de déplacement en décembre dans le cadre de son enquête sur une note diplomatique à destination des Etats-Unis, dont la révélation a provoqué la colère des militaires.

La plus grave crise entre le pouvoir civil et l'armée depuis 1999

Cette note visait à obtenir le soutien des Etats-Unis au gouvernement civil pakistanais pour contenir une éventuelle initiative de l'armée à la suite du raid américain au Pakistan ayant abouti à la mort d'Oussama ben Laden le 2 mai. Le scandale du "memogate" a plongé le Pakistan dans la plus grave crise entre le pouvoir civil, incarné par le président Asif Ali Zardari, et l'armée depuis 1999, date du dernier coup d'Etat militaire.

Rien ne prouve cependant que l'armée, fragilisée par les conditions de la mort de Ben Laden, préparait un putsch lorsque l'affaire a éclaté et le Pentagone a pour sa part mis en doute l'authenticité du mémorandum. La Cour suprême a en outre accordé ce lundi un délai supplémentaire de deux mois à sa commission de trois membres pour conclure son enquête. Elle bénéficiait initialement de quatre semaines.