L'Espagne peine à freiner l'afflux de clandestins

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Madrid

De notre correspondante.

Arrivé à Madrid en 2004, Youssef Bukhaita, Marocain de 26 ans, a bénéficié du mouvement de régularisations exceptionnelles mené par le gouvernement socialiste de Zapatero de février à octobre 2005. Il travaille dans une chaîne de restauration et possède un titre de séjour renouvelable tous les ans, s'il garde un contrat de travail. Comme lui, 572 000 personnes ayant pu prouver qu'ils résidaient en Espagne depuis plus de six mois, avaient un contrat de travail et un casier judiciaire vierge, ont été régularisées. Longtemps pays d'émigration, l'Espagne est désormais l'une des principales destinations des candidats à l'immigration en Europe, en provenance principalement d'Equateur, de Colombie, de Roumanie, du Maroc, d'Argentine, de Bulgarie et d'Ukraine. Attirés par le dynamisme de l'économie espagnole et les conditions de vie, ils étaient plus d'un million de clandestins début 2005, selon une estimation officielle. « Le travail ne manque pas au Maroc mais l'avantage ici, ce sont les conditions, comme la Sécurité sociale », explique Youssef. C'est pour mettre un frein à l'économie souterraine que Zapatero a pris cette initiative.

Mais, ce processus, très critiqué par l'opposition, a généré un certain effet d'appel. Les tentatives de pénétration sur le territoire se multiplient, dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc ou aux Canaries. Selon les associations d'immigrés, en avril, un peu plus d'un an après le début des régularisations, les clandestins étaient à nouveau plus d'un million.

Virginie Grognou

500 000 C'est le nombre estimé d'entrées illégales annuelles dans l'Union européenne, selon Bruxelles. 582 000 migrants se sont installés au Royaume-Uni en 2004, contre 200 000 en 1971. 80 000 à 100 000 entrées illégales par an et 200 000 à 400 000 clandestins en France, selon Sarkozy. 3 000 étrangers, installés en France depuis dix ans, sont régularisés par an.