Londres dit oui au travail et non à l'asile

©2006 20 minutes

— 

Londres

De notre correspondant.

Le café est italien, le patron chypriote, comme les serveurs. La plupart des consommateurs parlent avec un accent qui trahit leur origine : espagnole, indienne, française... Nous sommes à Londres, la plus cosmopolite des villes européennes. Pas moins du tiers des habitants sont nés à l'étranger, conséquence de la politique de Blair : ouverte à l'immigration économique, dure pour les demandeurs d'asile.

Fort de son plein-emploi, le pays accueille les travailleurs offrant une main-d'oeuvre irremplaçable pour l'hôtellerie, la construction et l'agriculture... « Je ne saurais pas quoi faire sans eux », avoue un employeur agricole.

« L'une des grandes avancées de Blair a été de reconnaître l'intérêt de l'immigration économique », souligne Rhian Beynon, membre d'une ONG soutenant le droit des immigrés. Pour simplifier les procédures, le gouvernement met en place un système de visa à points : plus le candidat est qualifié et jeune, plus il en a. Une catégorie est prévue pour les gens « peu qualifiés dans les domaines manquant de main-d'oeuvre ».

En revanche, Blair est très strict sur l'asile. Le nombre de demandeurs a baissé de 24 % en un an, passant à 25 000. Londres bloque en effet leur arrivée : le nombre de visas accordés a baissé, les contrôles aux aéroports ont été renforcés... De plus, les attentats du 7 juillet 2005 ont permis à Blair de déclarer : « Les règles du jeu ont changé ».

Eric Albert