Le système sanitaire pékinois s’essouffle

© 20 minutes

— 

Après les 153 malades supplémentaires déclarés hier, Pékin vient d’annoncer que dix-sept hôpitaux se consacreraient désormais aux personnes atteintes de la pneumopathie. L’augmentation du nombre de malades, qualifiée de « catastrophique » par un médecin français en poste à Pékin, risque de déstabiliser le système sanitaire de la capitale. « Pour l’instant, il est encore suffisant, explique le Dr Denin. Mais pour combien de temps ? » Des importations de matériel respiratoire sont prévues, mais ce sont les locaux et surtout le personnel médical qui risquent de manquer si l’épidémie continue à se développer. Aussi le gouvernementšcommence-t-ilšà préparer la mobilisation médicale générale. Tous les médecins, même les spécialistes, sont désormais susceptibles d’être appelés à traiter les malades du SRAS. Dans la banlieue de Pékin, à Xiaotangshan, un hôpital de 1 000 lits a été construit en une semaine ! Et 1 200 médecins militaires viennent d’être appelés pour renforcer les effectifs des hôpitaux de la capitale. Ceux-ci ne peuvent déjà plus prendre en charge les milliers de personnes mises en quarantaine dans la ville. Dimanche, des émeutes ont éclaté dans le village de Chagugang, quand les habitants ont réalisé que leur école allait être transformée en centre de quarantaine. Et la confiance de la population dans la gestion de la crise par le gouvernement s’effrite à mesure que le nombre de malades augmente. A Pékin, Séverine Bardon

bilan Le nombre de malades, en Chine, est de 3 303, celui des décès de 148. Avec 1 347 cas confirmés et 66 morts, Pékin est en passe de devenir la zone la plus affectée.