Egypte: La défense de Moubarak dénonce un procès illégal

Reuters

— 

Hosni Moubarak est toujours le président de l'Egypte aux termes de la Constitution de 1971 et le procès qu'il endure aujourd'hui n'a aucun fondement juridique, a affirmé dimanche l'avocat du «raïs» déposé en février dernier après une révolte populaire.

«Hosni Moubarak est-il toujours le président? Je dis que oui. Aux termes de la constitution, il est encore à ce jour le président», a dit Farid el Dib au cinquième et dernier jour de sa plaidoirie, déclenchant les applaudissements de ses associés de la défense et les cris d'«Allah est grand». «Un article de la constitution stipule clairement que le chef de l'Etat doit être jugé par un tribunal spécial», a ajouté l'avocat. Le président, a-t-il poursuivi, ne peut être traduit en justice qu'avec l'accord des deux tiers du parlement. Ces déclarations ont provoqué la colère des plaignants, dont certains ont quitté la salle.

Le procès suspendu

La défense a souligné que le «raïs» déchu aurait dû envoyer le 11 février dernier une lettre de démission au parlement. Au lieu de cela, c'est le vice-président qui a déclaré à la télévision que le chef de l'Etat «remettait le pouvoir» au Conseil suprême des forces armées -tout en évitant le mot de «démission».

«On n'a jamais vu un président démissionner en informant simplement son vice-président», a lancé Farid el Dib, tendant d'un geste théâtral les bras en direction de la cage de Moubarak et des autres accusés. «M'appuyant sur ces faits, toutes les investigations et sa comparution devant ce tribunal sont nulles et non avenues. Ce tribunal n'est pas compétent pour juger ce dossier», a-t-il ajouté en demandant la remise en liberté des accusés. Le procès a été suspendu et reprendra lundi.