Début d'une réunion de la Ligue arabe sur la mission d'observation en Syrie

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La Ligue arabe examine l'avenir de sa mission d'observation en Syrie, qui pourrait être prolongée d'un mois malgré les critiques grandissantes sur son incapacité à faire cesser les violences, marquées par la brève prise d'une ville proche de Damas par des déserteurs.
La Ligue arabe examine l'avenir de sa mission d'observation en Syrie, qui pourrait être prolongée d'un mois malgré les critiques grandissantes sur son incapacité à faire cesser les violences, marquées par la brève prise d'une ville proche de Damas par des déserteurs. — Khaled Desouki afp.com

Une réunion ministérielle de la Ligue arabe s'est ouverte dimanche en fin de matinée au Caire pour examiner un rapport sur sa mission d'observation en Syrie, qui pourrait être prolongée d'un mois malgré les critiques grandissantes, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Le rapport est présenté par le chef des observateurs, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi.

La mission est présente sur le terrain depuis le 26 décembre, mais son impuissance à faire cesser les violences lui valent de vives critiques de la part de l'opposition au régime de Bachar al-Assad.

Nombre d'observateurs serait porté "à quelque 300"

Le chef adjoint de la cellule de la Ligue arabe chargée de la mission, Ali Jaroush, a déclaré samedi que "tout indique que la mission (...) sera prolongée d'un mois", le premier mois ayant été "en partie consacré aux préparatifs logistiques".

Un autre responsable, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a indiqué que le nombre d'observateurs serait porté "à quelque 300", soit quasiment le double du chiffre actuel.

Le Conseil national syrien (CNS), le plus important groupe de l'opposition, a de nouveau incité la Ligue arabe à transmettre le dossier syrien au Conseil se sécurité de l'ONU.

Le CNS se prépare à envoyer une mission auprès des Nations Unies pour presser le Conseil de sécurité d'intervenir, a déclaré à l'AFP un porte-parole du CNS présent au Caire.

Cette délégation "remettra une lettre demandant que le dossier syrien soit transféré au Conseil de sécurité afin de protéger les civils", a déclaré ce porte-parole, Mohamed Sermini.

Elaboration d'un "contre-rapport"

Le bureau exécutif du CNS s'est réuni dans la capitale égyptienne pour finaliser un "contre-rapport" de plus de cent pages basé sur des témoignages de "quinze observateurs" sur le terrain et de militants, a-t-il ajouté.

"Nous redoutons que le document de la Ligue arabe ne soit pas objectif", a-t-il dit.

Après plus de dix mois de révolte et plus de 5.400 morts dans la répression selon l'ONU, plusieurs mouvements d'opposition ont réclamé une saisine de l'ONU, allant dans le sens des demandes occidentales.

Sur le terrain, en Syrie, des soldats déserteurs se sont retirés de la ville de Douma, située à 20 km de la capitale, Damas, après en avoir brièvement pris le contrôle samedi soir, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

"Des groupes de soldats déserteurs se sont retirés de Douma et sont rentrés à leur base", a indiqué l'organisation installée en Grande-Bretagne, dans un communiqué reçu par l'AFP à Nicosie, sans préciser la raison de ce retrait en début de nuit.

Samedi soir, des groupes de déserteurs avaient "pris le contrôle de tous les quartiers de la ville" après "de violents combats avec les forces de sécurité syriennes", avait auparavant annoncé à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdelrahmane, citant des militants sur place.