Tchad: L'opposition est unie pour les premières élections locales de son histoire

avec AFP

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Un million de Tchadiens sont attendus aux urnes dimanche pour les premières élections locales de l'histoire du pays, où les maires étaient jadis nommés par le pouvoir, et où l'opposition a enfin réussi à s'unir.
Un million de Tchadiens sont attendus aux urnes dimanche pour les premières élections locales de l'histoire du pays, où les maires étaient jadis nommés par le pouvoir, et où l'opposition a enfin réussi à s'unir. — Xavier Bourgois afp.com

Un million de Tchadiens sont attendus aux urnes dimanche pour les premières élections locales de l'histoire du pays, où les maires étaient jadis nommés par le pouvoir, et où l'opposition a enfin réussi à s'unir.

L'opposition avait boycotté la présidentielle d'avril 2011 (83,59% au 1er tour), qui avait vu la réélection écrasante du président Idriss Deby Itno, après des législatives contestées en février avec la victoire écrasante du parti présidentiel (Mouvement patriotique du Salut -MPS), présente des listes communes.

"On s'est regroupés parce qu'il y a un réel enjeu. Pouvoir contrôler les villes est une étape essentielle avant 2016 (date des prochaines présidentielles et législatives)", affirme Saleh Kebzabo, principale figure de l'opposition.

Longtemps miné par des rebellions, le Tchad, Etat largement désertique de 11,1 millions d'habitants, compte parmi les plus pauvres du monde, la manne pétrolière ne profitant pas au plus grand nombre, depuis le début de l'exploitation en 2003.

Opposition qui pourrait l'emporter

Le principale coalition de l'opposition, la CPDC (Coordination des partis politiques pour la défense de la constitution) qui regroupe 16 partis, présente 32 candidats dans les 42 communes concernées par le scrutin.

"L'opposition a des chances de l'emporter", estime M. Kebzabo. Mais il met en garde contre la fraude électorale. Selon lui, soulignant le MPS a "des gens qui ont plusieurs cartes qui et qui pratiquent le vote multiple".

L'opposant reproche aussi à "l'Etat de ne pas payer nos subventions et le cautionnement des élections précédentes. Ce qui n'est pas peu pour des partis démunis comme les nôtres. On nous a asséché complètement, nous faisant arriver les poches vides aux communales". Le parti au pouvoir se veut confiant.

Lors des législatives du 13 février, le MPS a raflé 113 des 188 sièges de l'Assemblée nationale. Idriss Deby qui a été réélu pour un 4e mandat, est arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1990 après avoir renversé le dictateur Hissène Habré. Il bénéficie du soutien de la France, présente au Tchad presque sans discontinuité depuis 1960.