Primaires américaines: Romney face à l'obstacle Gingrich en Caroline du Sud

Reuters

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Jusqu'ici favori, Mitt Romney aborde avec prudence, sous la menace du conservateur Newt Gingrich, la primaire de Caroline du Sud qui pourrait rebattre les cartes dans la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine.

La soudaine montée de Gingrich dans les sondages ces derniers jours représente le plus grand défi que Romney soit amené à affronter après des mois de campagne sans accroc majeur face à une aile droite divisée.

Cette ascension promet une primaire en forme de duel entre les deux hommes, les deux autres prétendants républicains, Rick Santorum et Ron Paul, étant distancés dans les intentions de vote.

Le vainqueur de la primaire républicaine de Caroline du Sud a toujours décroché depuis 1980 l'investiture de son parti.

Une carrière avec des hauts et des bas pour Gingrich

Milliardaire, ancien homme d'affaires, Mitt Romney s'est forgé une solide base de soutien au sein de l'électorat républicain - environ un quart des votants au niveau national - grâce à son message en faveur de la libre entreprise.

Mais son profil de modéré peine à conquérir les électeurs les plus conservateurs qui constituent la majorité de l'électorat de Caroline du Sud.

Gingrich, ancien professeur d'histoire, pâtit d'une carrière avec des hauts et des bas mais garde une réputation de redoutable débatteur.

«Il s'agit de savoir qui des deux peut battre (Barack) Obama», résume Vaughan Mureaux, un directeur d'école à la retraite de Caroline du Sud qui comptait voter Romney mais a été impressionné par un discours de Gingrich auquel il a assisté cette semaine.

L'ancien président de la Chambre des représentants a, par sa virulence, semé le doute parmi les républicains qui commençaient à voir en Mitt Romney l'inévitable candidat de leur parti, faute d'adversaires crédibles en face.

Animosité

L'ex-gouverneur du Massachusetts a été mis en difficulté par le retrait de Rick Perry, qui s'est rallié à Gingrich, et par la perte des caucus de l'Iowa, victoire dont il se targuait et qui est finalement revenue au fondamentaliste Santorum.

Il a également trébuché sur la question de ses revenus, après avoir été contraint d'admettre que son taux d'impôt était inférieur à celui acquitté par la plupart des Américains, tout en remettant à plus tard la publication de sa déclaration au fisc.

L'animosité entre les deux prétendants s'est nourrie d'une agressive campagne menée par l'équipe de Romney contre Gingrich dans l'Iowa. L'ancien président de la Chambre des représentants a riposté en menant la charge contre le passé de repreneur d'entreprises de son adversaire, accusé de détruire des emplois.

La rivalité s'est encore accentuée en Caroline du Sud, un Etat conservateur à l'histoire politique émaillée de coups bas en tous genres.

Les deux camps n'ont même pas réussi à s'entendre pour que leurs champions évitent de se rendre dans le même établissement de Greenville, le Tommy's Country Ham House, samedi matin.

Romney exalte les valeurs familiales

Face à Gingrich, deux fois divorcé qui a admis des infidélités, Romney, père de cinq enfants, exalte les valeurs familiales et son épouse depuis 42 ans, Ann, apparaît dans une vidéo pour insister sur les vertus nécessaires pour faire un bon président.

L'ancien gouverneur du Massachusetts a le soutien de Nikki Haley, gouverneur de Caroline du Sud et ancienne égérie du mouvement conservateur Tea Party. «L'idéal serait de voir un candidat pour l'emploi se dresser contre un président Obama féru de politique gouvernementale», a-t-elle déclaré lors d'un meeting à Charleston aux côtés de Mitt Romney.

«Allez voter!» a lancé alors l'ancien patron de Bain Capital aux quelque 200 personnes réunies pour l'écouter.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 (12h00 GMT) et fermeront douze heures plus tard.