Naufrage du Concordia: Le Giglio, nouvelle destination phare de ce week-end?

REPORTAGE Les insulaires s'agacent d'un «tourisme macabre» autour du Concordia...

William Molinié, sur l'île du Giglio

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Des journalistes photographient l'épave du Costa Concordia, le 20 janvier 2012.
Des journalistes photographient l'épave du Costa Concordia, le 20 janvier 2012. — William Molinié

De notre envoyé spécial

Robes, lunettes, foulards… Ce jeune homme d’une vingtaine d’années, originaire du Sénégal, n’ira pas vendre sa petite cargaison d’étoffes sur l’île du Giglio (Italie). «Il y a trop de policiers là-bas. On m’a fait comprendre que c’était mieux de rester ici», explique-t-il. Alors à l’embarcadère de Porto Santo Stefano, en face de l’île du Giglio, il tente d’attirer quelques touristes italiens qui s’apprêtent à embarquer sur le bateau pour voir l’épave du Costa Concordia, le paquebot échoué sur les côtes de l’île, au large de la Toscane.
 
Malgré un grand soleil, les recherches ont été interrompues une nouvelle fois ce vendredi, à cause de vagues importantes qui ont fait bouger l’épave. Un risque réel pour les plongeurs qui tentent à l’intérieur du navire de remonter d’éventuels corps. Alors sur l’île, les secours se tiennent prêt, sous les yeux de quelques touristes italiens. «Je n’avais pas cours aujourd’hui. Je suis venu faire des photos. Je repars ce soir», explique Filippo, 18 ans. En compagnie de quatre camarades d’un lycée de Grosseto, ils se photographient devant l’épave, «en souvenir», disent-ils.
 
«Tourisme macabre»
 
La presse locale italienne a fait écho cette semaine d’un «tourisme macabre» qui agace certains insulaires. «Ce n’est pas bien. Des amis m’ont demandé s’ils pouvaient venir ce week-end, pour voir le Costa Concordia. Je leur ai dit que ce n’était pas le moment. On a besoin de place ici», raconte une employée de l’office du tourisme de l’île. Justement, les hôtels et salles de réception du port ont été réquisitionnés pour permettre aux secouristes, personnels de sécurité et journalistes de travailler. Du coup, les touristes qui veulent trouver une chambre doivent se rendre à Campese, de l’autre côté de l’île.
 
«Il y a quelques appartements encore. Mais ces gens viennent surtout pour la journée. Ils repartent le soir même», s’agace l’employée, qui s’inquiète du week-end à venir. «Les gens de la région vont vouloir voir l’épave. Il y aura du monde», prévient-elle.