Afghanistan: Un retrait anticipé envisagé après la mort de soldats français

MONDE Nicolas Sarkozy a pour le moment suspendu toutes les opérations de l'armée française...

Enora Ollivier, avec agences

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Des soldats français entraînent des militaires afghans, à l'Académie militaire de Kaboul.
Des soldats français entraînent des militaires afghans, à l'Académie militaire de Kaboul. — SEL AHMET/SIPA

Après la mort de quatre soldats en Afghanistan ce vendredi, Nicolas Sarkozy a annoncé que toutes les opérations de l'armée française étaient temporairement suspendues dans le pays, et qu'un retrait anticipé des troupes n'était pas exclu.

Le Président a indiqué que le ministre de la Défense se rendait immédiatement sur place. Gérard Longuet sera chargé d'une mission et si celle-ci conclut que les conditions de sécurité ne sont pas réunies, la question d'un retrait anticipé sera posée, a précisé le chef de l'Etat, lors de ses voeux au corps diplomatique, présentés à l'Elysée.

15 blessés, dont huit grièvement

Les quatre militaires français ont été tués par un soldat afghan ce vendredi matin vers 8h. La fusillade est survenue dans la vallée de Taghab, dans la province de Kapisa, à l'est du pays, où stationne le contingent français. L'auteur présumé des tirs a été arrêté.

C'est «lors d'un entraînement, à l'intérieur d'une base» française qu'un «tireur a abattu, assassiné» les soldats, a précisé Gérard Longuet sur iTélé, à sa sortie de l'Elysée. Selon le ministère de la Défense, 15 militaires ont également été blessés dans la fusillade, dont huit grièvement.

Gérard Longuet a précisé que les soldats français attaqués «n'étaient pas armés»

«Clarifier les modalités de recrutement» de l'armée afghane

Le ministre de la Défense, qui sera accompagné en Afghanistan du chef d'état major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, a déclaré que sa mission devrait durer 48h. Gérard Longuet se rend sur place pour déterminer les «conditions de la tragédie» qui s'est déroulée ce vendredi, a précisé Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères. Il cherchera également à «clarifier les modalités de recrutement» de l'armée afghane.

«Nos soldats sont en Afghanistan pour aider le peuple et son armée dans leur combat pour la liberté», a déclaré Alain Juppé, à sa sortie de l’Elysée. L’ «assassinat» des soldats français est  donc «incompréhensible» et «inacceptable», a-t-il jugé.

De son côté, François Hollande a réaffirmé dans un communiqué sa «volonté de retirer nos forces d'Afghanistan, le plus rapidement possible, au plus tard à la fin de l'année 2012».

La France compte actuellement 3.800 militaires en Afghanistan, et leur retrait est pour l'instant prévu pour s'étaler jusqu'en 2014. Depuis 2001, 82 soldats ont été tués dans le pays, dont 26 pour la seule année 2011. Le dernier incident remontait au 29 décembre, quand deux légionnaires avaient été abattus, également par un soldat de l'armée afghane.