Monde

Escalade de la terreur à São Paulo

Ces trois derniers jours, l'Etat de São Paulo a été secoué par la plus grande vague d'attaques que le crime organisé ait jamais menée au Brésil

Rio de Janeiro (Brésil), de notre correspondante.

Ces trois derniers jours, l'Etat de São Paulo a été secoué par la plus grande vague d'attaques que le crime organisé ait jamais menée au Brésil. La capitale économique s'est réveillée paralysée : plus de 60 bus ont été brûlés dans la nuit de dimanche à lundi. Plus de 120 attentats ont été répertoriés dans tout l'Etat. Le bilan des victimes est de 81 morts, essentiellement répartis entre forces de l'ordre et criminels.

Il est pourtant difficile aujourd'hui de distinguer les actions directement liées au Premier commando de la capitale (PCC, la principale faction criminelle de la ville) des attaques qui rythment le quotidien des Brésiliens. Les ballets d'hélicoptères et les patrouilles de police accentuent l'atmosphère lourde de la ville. Les habitants sont abasourdis par la capacité d'action du PCC. « La peur est palpable. Le problème, c'est que personne ne sait où va tomber la prochaine attaque », confie Joana, une habitante.

Les criminels ont changé de stratégie. Après avoir directement visé les autorités publiques de l'Etat, ils s'orientent maintenant de façon aléatoire vers les civils. Une dizaine d'agences bancaires ont été frappées. Inquiète, la capitale Brasilia a offert au gouverneur de São Paulo, Claudio Lembo, « toute l'aide fédérale possible », la collaboration de l'armée et des services secrets. Mais Lembo a refusé l'offre, assurant que « la capitale et l'Etat sont à nouveau sous contrôle ». Informé depuis trois semaines d'un mouvement de rébellion de la part du PCC, qui réclame de meilleures conditions carcérales (promenades, visites le jour de la Fête des mères, télévisions), il avait décidé jeudi dernier d'isoler Marcola, le leader de la faction, et 700 de ses « soldats » dans une prison sous haute surveillance.

En prison, la situation a gravement empiré dimanche, jour de la Fête des mères. La rébellion s'est propagée à d'autres Etats : Rio, Parana, Pernambuco, Mato Grosso do Sul et Alagoas. Trois cents personnes sont retenues en otages : du personnel pénitentiaire et des visiteurs, dont une cinquantaine d'enfants.

Charlotte Valade