Norvège: La chef du renseignement intérieur démissionne après une gaffe

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La chef du renseignement intérieur norvégien (PST), Janne Kristiansen, critiquée après les attaques qui ont ensanglanté la Norvège le 22 juillet, a démissionné mercredi soir après avoir gaffé en laissant entendre que son pays disposait d'agents secrets au Pakistan.
La chef du renseignement intérieur norvégien (PST), Janne Kristiansen, critiquée après les attaques qui ont ensanglanté la Norvège le 22 juillet, a démissionné mercredi soir après avoir gaffé en laissant entendre que son pays disposait d'agents secrets au Pakistan. — Jonathan Nackstrand afp.com

La chef du renseignement intérieur norvégien (PST), Janne Kristiansen, critiquée après les attaques qui ont ensanglanté la Norvège le 22 juillet, a démissionné mercredi soir après avoir gaffé en laissant entendre que son pays disposait d'agents secrets au Pakistan.

Sur fond de tensions entre le Pakistan et l'Occident, les propos de Janne Kristiansen ont donné lieu jeudi à un mini-ballet diplomatique: à Islamabad et Oslo, les ambassadeurs norvégien et pakistanais ont rencontré des représentants officiels de leur pays d'accueil pour un complément d'informations.

Des faits «extrêmement graves»

«La responsable du PST, Janne Kristiansen, m'a informée qu'elle se retirait de son poste avec effet immédiat», a déclaré la ministre de la Justice, Grete Faremo, lors d'un point de presse. «La raison est qu'une possible rupture de son devoir de confidentialité a été constatée à l'occasion de la révélation d'informations classifiées», a-t-elle dit, qualifiant les faits incriminés d'«extrêmement graves».

Mercredi lors d'une audition par une commission parlementaire, Janne Kristiansen avait révélé, à mi-mots, que le renseignement militaire norvégien, le service E, disposait d'agents au Pakistan. Ces services «devraient répondre eux-mêmes (mais) ils sont représentés dans les pays que vous avez à l'esprit. Et nous avons une coopération étroite avec le service E», avait dit Janne Kristiansen, interrogée par un député sur la coopération entre la Norvège et le Pakistan en matière de sécurité.

Ces déclarations surviennent dans un climat de défiance entre les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et les services pakistanais soupçonnés notamment de soutenir en sous-main les talibans en Afghanistan où la Norvège, membre de l'Otan, compte environ 400 soldats. Tant les autorités norvégiennes que pakistanaises se sont attachées à souligner que la relation entre les deux pays ne souffrirait pas de la bourde de l'ex-chef du PST.

«Cela n'affectera pas la relation»

Les rencontres jeudi avec les ambassadeurs des deux pays «ont confirmé que la relation bilatérale était bonne, que les déclarations d'hier (mercredi) ne changeaient rien à cela et qu'il n'y avait pas de questions restant dans l'air», a dit un porte-parole de la diplomatie norvégienne, Kjetil Elsebutangen.

Même son de cloche de la part de l'ambassadeur pakistanais à Oslo, Ishtiaq Andrabi, qui a dit ne «rien voir qui sortait de l'ordinaire». «Cela n'affectera pas la relation», a-t-il affirmé, après son entretien au ministère norvégien des Affaires étrangères, soulignant que les deux pays coopéraient dans de nombreux domaines, y compris le contre-terrorisme.

Une enquête a été ouverte

De son côté, l'unité spéciale de la police norvégienne a ouvert une enquête pour déterminer si Janne Kristiansen avait violé son devoir de confidentialité, a dit son chef Jan Egil Presthus à l'AFP. Janne Kristiansen avait déjà été critiquée après le 22 juillet pour des déclarations tendant à dédouaner ses services qui n'ont pas réussi à empêcher les attaques qui avaient fait 77 morts.

«Même la Stasi en Allemagne de l'Est n'aurait pas pu détecter cette personne», avait-elle dit le 25 juillet en évoquant l'auteur du carnage, l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik. Il s'est avéré ultérieurement que ses services ont ignoré ou sous-estimé des informations susceptibles d'attirer leur attention sur Behring Breivik. Janne Kristiansen avait alors présenté ses excuses tout en excluant de démissionner comme l'y enjoignaient des partis de l'opposition.