Costa Concordia: Les recherches pourraient de nouveau être interrompues ce jeudi soir

CATASTROPHE Des vagues d'un mètre pourraient arriver dans la soirée...

William Molinié, envoyé sur l'île du Giglio

— 

Après avoir heurté un rocher vendredi 13 janvier 2012 au large de la Toscane, le paquebot «Costa Concordia» s'est couché à près de 90 degrés.
Après avoir heurté un rocher vendredi 13 janvier 2012 au large de la Toscane, le paquebot «Costa Concordia» s'est couché à près de 90 degrés. — Gregorio Borgia/AP/SIPA

De notre envoyé spécial en Italie

 Les recherches ont repris ce jeudi matin autour du Concordia. Des plongeurs tentent de progresser à l’intérieur du navire pour trouver des disparus. «La priorité c’est de rechercher des victimes», a rappelé lors d’un point presse Alesandro Busonero, porte-parole de la marine militaire italienne.

 Mais il faut faire vite. Car à l’embarcadère de Porto San Stefano (Italie), d’où partent les bateaux pour se rendre sur l’île du Giglio, les garde-côtes semblaient pessimistes ce jeudi matin. «A mon avis, c’est le dernier jour pour les recherches. Le temps devrait se couvrir à partir de demain. On attend même des vagues de plus d’un mètre dès ce soir», confiait l’un d’entre eux. Mercredi, les recherches autour du Concordia ont été interrompues car les instruments de mesure ont relevé que la coque du navire avait bougé. Depuis, le bateau semble s’être stabilisé.

 Deux familles françaises sont sur place

 Les parents de Mylène, 23 ans, et Mickaël, 25 ans, originaires de Sarcelles (Val-d’Oise) sont arrivés mercredi soir en Italie. Ils sont sans nouvelles de leur enfant depuis ce message envoyé par Mylène le soir du drame: «Nous allons prendre nos gilets de sauvetage et monter dans les canots». Après avoir passé la nuit à Ortebello, les parents de ce jeune couple sont arrivés sur l'île à la mi-journée et se sont recueillis ce jeudi sur l'île du Giglio dans l'église deu port après avoir été accueillies par les autorités italiennes sous des tentes militaires.

 Par ailleurs, ce jeudi matin, l’évêque de la région Pitigliano-Sovana-Ortobello s’est rendu sur place, avant de se diriger vers l’église du port de l’île. «Je suis venu délivrer un message d’espoir et prier pour les victimes ainsi que leurs familles. Je pense aussi particulièrement aux disparus dont les familles sont sans nouvelle. Qu’elles gardent espoir», a-t-il déclaré aux journalistes. Le bilan officiel des autorités italiennes s’élève à 21 disparus et 11 morts.

«La priorité, ce sont les victimes»

Ce jeudi, deux corps ont été identifiés par leurs proches. Il s’agit de Pierre Grégoire et de Jeanne Gannard, un frère et une sœur retraités originaires de Franche-Comté. «On a aidé les naufragés le soir où la catastrophe a eu lieu. S’ils n’ont pas réapparus, c’est qu’ils sont morts coincés dans le Costa Concordia», croit savoir le patron d’un bar du port. Face aux risques écologiques (lire encadré), la question se pose. Faut-il continuer les recherches, au risque d’une catastrophe naturelle? «La priorité, ce sont les victimes» tranche Alesandro Busonero, porte-parole de la marine militaire italienne.

A l’embarcadère de Porto Santo Stefano, en face de l’île du Giglio, un visage est collé sur les vitres du commissariat de police de la ville. Ce jeune homme aux cheveux longs est recherché par sa famille. Ses proches ont laissé un numéro de téléphone. Un avis de recherche de la dernière chance, comme pour conjurer le sort.

Des risques écologiques

Des vents violents sont attendus ces jours-ci dans la région de l’île du Giglio. Des vagues d’un mètre au moins étaient annoncées hier soir. Ces conditions météorologiques pourraient faire repousser l’épave au large, et la faire tomber davantage au fond de la mer tyrrhénienne. Ce qui pourrait causer des dommages importants sur la coque avec le risque que 2 300 tonnes de carburant se déversent dans la mer.