Une revue d'Al-Qaida trouvée à Guantanamo entraîne des contrôles renforcés

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Le président de l'Assemblée nationale Dioncounda Traoré sera investi jeudi comme chef de l'Etat de transition au Mali
Le président de l'Assemblée nationale Dioncounda Traoré sera investi jeudi comme chef de l'Etat de transition au Mali — Paul J. Richards afp.com

Un magazine d'Al-Qaida a été découvert à la prison de Guantanamo, déclenchant un renforcement des procédures d'inspection du courrier échangé entre les détenus et leurs avocats, au grand dam de ces derniers.

Le personnel du centre de détention, ouvert il y a dix ans pour enfermer les «pires des pires» des «combattants ennemis», a trouvé un numéro de la revue «Inspire» dans la prison. C'est ce qu'a indiqué mercredi l'adjointe du procureur militaire Andrea Lockhart au tribunal devant lequel comparaissait le Saoudien Abd-Al-Rahim Al-Nachiri, accusé d'être le cerveau de l'attentat contre le navire américain USS Cole. Elle n'a pas précisé comment cette publication attribuée à Al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA) avait été introduite dans la prison ni si elle avait été trouvée lors d'une fouille des cellules.

«Violation des relations privilégiées entre les avocats et leurs clients»

«Inspire» était un magazine en ligne de l'organisation AQPA au Yémen, qui publiait régulièrement des articles citant, avant sa mort, l'imam Anwar al-Aulaqi, haut-responsable d'Al-Qaida, et donnait des instructions pour fabriquer des explosifs. L'adjointe du procureur a fait cette révélation pour justifier de nouvelles règles d'inspection du courrier avocats-détenus instaurées fin décembre par le nouveau commandant de la prison.

«La genèse» de cette réforme, a-t-elle expliqué, c'est que «ça ne marchait pas, il y avait des documents qui rentraient, comme le magazine Inspire qui n'aurait pas dû être là». Le nouveau règlement suscite les protestations des avocats exerçant à Guantanamo, qui ont décidé de suspendre leur correspondance avec les prisonniers. «C'est une violation des relations privilégiées entre les avocats et leurs clients», a dénoncé Stephen Reyes, l'un des avocats militaires de M. Nachiri. «Cela doit s'arrêter».

«Un nouveau règlement dans deux semaines»

Les procédures essaient de trouver un «équilibre entre les besoins de la défense et les besoins légitimes de protéger les intérêts de l'Etat» en matière de sécurité nationale, a plaidé Andrea Lockhart. Cette question a occupé plusieurs heures des deux jours d'audience préliminaire du Saoudien Nachiri, premier détenu à encourir la peine de mort devant un tribunal militaire d'exception sous l'administration Obama.

En vertu de ce règlement, toutes les correspondances, autres que les «communications privilégiées» émanant directement des avocats, sont systématiquement «scannées, contrôlées, traduites et susceptibles d'être rejetées» par une équipe du ministère de la Défense et du Renseignement. Il peut s'agir d'articles de journaux, de documents ou de lettres de tiers, qui, selon les avocats, peuvent les aider dans leur stratégie de la défense. Le juge militaire James Pohl a donné sept jours à la défense pour faire des nouvelles propositions et à l'accusation pour y répondre. «Il y aura un nouveau règlement dans deux semaines», a-t-il promis.