Présidentielle américaine: Etre trop riche, le casse-tête de Mitt Romney

POLITIQUE Le candidat, qui a admis qu'il bénéficiait d'un taux d'imposition fort avantageux, donne souvent l'impression d'être déconnecté des réalités de la classe moyenne...

P.B.

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Le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, et favori des sondages, Mitt Romney, lors d'un meeting de campagne à Dubuque, dans l'Iowa, le 2 janvier 2012.
Le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, et favori des sondages, Mitt Romney, lors d'un meeting de campagne à Dubuque, dans l'Iowa, le 2 janvier 2012. — REUTERS/Brian Snyder

Il porte souvent des jeans et jure qu'il est un type «comme tout le monde». Mais Mitt Romney n'a pas son pareil pour gaffer et rappeler qu'il est né dans une famille aisée (papa était patron d'un groupe automobile puis gouverneur du Michigan) et qu'il est devenu tellement riche à la tête du fonds d'investissement Bain Capital qu'il en perd parfois le sens des réalités.

Son dernier problème en date: sa déclaration d'impôts. Après l'épisode du certificat de naissance d'Obama, c'est au tour de Romney d'être sous pression pour publier un document réclamé par tout le monde. Mardi, il a juré qu'il obtempérerait en avril, s'il décrochait la nomination. Mais pressé par un journaliste, il a reconnu qu'il payait «près de 15% d'impôts» tandis que le taux se situe plutôt autour de 30% pour la classe moyenne.

 

La Maison Blanche saisit l'occasion

Romney n'a rien fait d'illégal: ses revenus sont simplement en immense majorité générés par ses investissements, qui sont par défaut peu taxés aux Etats-Unis. Aussitôt, la Maison Blanche a ironisé, expliquant que c'était à des individus comme Mitt Romney qu'Obama comptait demander un effort. Même ses collègues républicains, qui devraient pourtant se réjouir d'un tel succès, lui tombent dessus. Son adversaire le plus dangereux, Newt Gingrich, devrait publier sa déclaration jeudi. Il a déjà précisé qu'il était imposé à près de 30%.

 

Le favori républicain essaie de jouer la carte du rêve américain, sur le refrain «si je suis président, tout le monde aura une chance de devenir aussi riche que moi». Mais à plusieurs reprises, il a dérapé. Cette semaine, il a confié qu'il n'avait «pas gagné grand chose» grâce à ses honoraires de discours publics. Sauf que «pas grand chose» pour Romney, c'est 370.000 dollars, soit plus de dix fois le salaire médian américain.

 

Pari à 10.000 dollars

Dans une guerre des spots télévisés, ses adversaires attaquent également son bilan à la tête de Bain Capital, l'accusant d'avoir parfois joué les vautours et profité de la banqueroute d'entreprises dans lesquelles il avait investi. Romney, lui, rétorque que plus de 100.000 emplois ont été créés, s'appuyant sur quelques success stories comme le renouveau de Staples.

 

 

Lors d'un débat télévisé, il a enfin proposé à Rick Perry un pari à 10.000 dollars pour vérifier qui avait raison. Il s'est par la suite défendu, expliquant avoir choisi une somme importante pour illustrer sa certitude. Mais avec une fortune personnelle estimée à 250 millions de dollars, parier 10.000 dollars pour Romney revient au même que parier... 10 dollars pour le commun des mortels.