Le commandant du Concordia défendu bec et ongles par les habitants de son village

NAUFRAGE Pour eux, Francesco Schettino a «sauvé des milliers de vie»...

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Francesco Schettino, le 15 janvier 2012 à Porto Santo Stefano, en Italie.
Francesco Schettino, le 15 janvier 2012 à Porto Santo Stefano, en Italie. — Giacomo Aprili/AP/SIPA

Le commandant du Concordia qui a fait naufrage vendredi près d'une île italienne, Francesco Schettino, 52 ans, a été ramené en catimini dans la nuit de mardi à mercredi à Meta di Sorrento où il est assigné à résidence. Ce petit village, situé au sud de Naples, défend l'enfant du pays, convaincu qu'il a tout fait pour sauver les passagers.

Dans le village l'ambiance est tendue, car les 7.000 habitants de Meta di Sorrento sont déjà en ébullition, prenant en majorité fait et cause pour le capitaine, issu du côté de sa mère d'une longue lignée de «loups de mer». Comme toute la péninsule de Sorrento, cet ancien port de pêche devenu ces dernières années une station balnéaire très fréquentée l'été, dépend de façon cruciale des centaines d'emplois que fournissent la marine marchande et les grandes compagnies de croisière comme la MSC Crociere, fondée à Sorrento et l'une des plus importantes au monde.

«Il a été habile et a réussi à mettre en sécurité des tas de gens»

Dans la nuit, certains habitants ont pris à partie et insulté les photographes et caméramen, massés au pied de l'immeuble de deux étages de M. Schettino, en les accusant de «lynchage médiatique» contre le capitaine qui, ils en sont certains, a «sauvé des milliers de vie».

Les riverains en sont convaincus: M. Schettino a sans doute commis une «erreur humaine» quand il a fait faire «l'inchino» (la révérence) au navire, en le faisant passer tout près de la côte de l'île du Giglio, toutes lumières allumées et sirènes hurlantes. Mais ensuite, quand le gigantesque paquebot a heurté un rocher et a commencé à chavirer, son comportement a été irréprochable dans la gestion de l'urgence. Pour eux, «il a été habile et a réussi à mettre en sécurité des tas de gens», a indiqué pour l'AFP un photographe sur place, et tous ses interlocuteurs ont souligné que «diriger les secours depuis une chaloupe de sauvetage -comme le commandant affirme l'avoir fait- s'appelle "contrôle maritime" et est tout à fait légal».

Les habitants rappellent aussi que «l'inchino» est une tradition largement pratiquée le long des côtes italiennes, puisque tous les lundis les navires de MSC saluent ainsi en se rapprochant tout près de la péninsule de Sorrento. Aucun ne veut croire au portrait dressé auprès des enquêteurs par certains de ses collègues qui parlent d'un type «casse-cou» et «exubérant» qui pilotait le navire à une vitesse folle, «comme une Ferrari».