Syrie: De nouvelles sanctions adoptées par l'UE

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Les violences dans le pays contre les opposants au régime ont fait, selon l'ONU, plus de 5.000 morts en dix mois.
Les violences dans le pays contre les opposants au régime ont fait, selon l'ONU, plus de 5.000 morts en dix mois. — Joseph Eid afp.com

Les pays de l'Union européenne ont décidé d'adopter de nouvelles sanctions contre la Syrie frappant 22 personnes et huit organisations ou entreprises supplémentaires en raison de la poursuite de la répression, ont indiqué ce mercredi des sources diplomatiques.

La décision a été prise au niveau des diplomates représentant les pays de l'UE à Bruxelles et doit être formellement entérinée lundi lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. «Tant que la répression continuera, nous durcirons nos mesures restrictives», a souligné l'une des sources.

Gels d'avoirs et interdictions de visa en Europe

Les mesures porteront sur des gels d'avoirs et des interdictions de visa en Europe, afin d'allonger encore les listes noires existantes. Il s'agira du onzième train de sanctions européennes. Le dernier, pris de manière concomitante avec les Etats-Unis, remonte à début décembre et visait à couper l'accès aux financements du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Ces sanctions portaient notamment sur l'interdiction d'exporter vers la Syrie des équipements à destination de l'industrie gazière et pétrolière ou des logiciels permettant la surveillance des communications internet et téléphoniques. Au total, à ce jour, environ 120 personnes et organisations liées au régime font l'objet de sanctions de l'Union européenne.

Plus de 5.000 morts en dix mois

Les violences dans le pays contre les opposants au régime ont fait selon l'ONU plus de 5.000 morts en dix mois. Les Européens réclament déjà depuis plusieurs mois le départ du pouvoir du président Assad. Au début du mois, le président français Nicolas Sarkozy avait dénoncé les «massacres» en Syrie qui suscitent «à juste tire l'écoeurement et la révolte», appelant Bachar al-Assad à «quitter le pouvoir» et appelant la communauté internationale à «prendre ses responsabilités (...) en prenant les sanctions les plus dures, en assurant l'accès humanitaire».

Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu participera lundi à la réunion de ses homologues européens pour discuter avec eux notamment de la situation en Syrie, mais aussi de l'Iran. Les nouvelles mesures restrictives de l'Europe contre Damas interviennent dans un contexte de blocage persistant des efforts des Occidentaux pour parvenir à des pressions concertées sur le régime du président Assad.

La Russie a rejeté cette semaine la stratégie occidentale contre son allié syrien et s'est dit prête à user de son droit de veto en tant que membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. «Nous ne soutiendrons aucune sanction» contre Damas, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Moscou refuse aussi de nouvelles sanctions contre l'Iran sur son programme nucléaire. L'Union européenne prévoit lundi en parallèle de durcir ses mesures à l'égard de Téhéran via un embargo pétrolier qui pourrait prendre effet à partir de juillet.