Hongrie: Le Premier ministre Viktor Orban devant le Parlement européen ce mercredi

POLITIQUE Il doit défendre la position de son gouvernement sur des réformes constitutionnelles jugées en infraction avec le droit communautaire par l'Union...

B.D. avec Reuters

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Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, prononce un discours à l'université de Budapest, le 11 janvier 2012.
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, prononce un discours à l'université de Budapest, le 11 janvier 2012. — REUTERS/Laszlo Balogh

Pour le Premier ministre hongrois, il est l’heure de s’expliquer. Viktor Orban, sommé par la Commission européenne de modifier des réformes constitutionnelles relatives aux nominations dans la banque centrale, au statut des juges et à l'autorité hongroise de protection des données, est attendu ce mercredi devant le Parlement européen pour un grand oral d’explication.

Viktor Orban doit défendre la position de son gouvernement sur ces réformes controversées, a annoncé lundi un porte-parole. «Mercredi, la gauche internationale veut lancer une nouvelle attaque contre la Hongrie, en conséquence, Viktor Orban a demandé (...) au président du Parlement européen de prendre lui-même la parole au cours des débats à Strasbourg», a expliqué Peter Szijjarto dans un communiqué. «Nous ne permettrons pas à la gauche internationale d'accuser la Hongrie sur la scène internationale, avec des mensonges et calomnies infondées», a-t-il dit.

Vers des poursuites devant la Cour de justice européenne?

La Commission européenne a lancé en début de semaine une procédure contre Budapest, jugeant que les réformes engagées par Viktor Orban et son parti, le Fidesz, puis votées par le Parlement hongrois sur l'indépendance des magistrats, de la banque centrale, et des agences de protection des données privées sont en l'état en infraction avec le droit communautaire.

L’UE craint notamment que l'indépendance de la banque centrale soit remise en cause, que des centaines de juges soient poussés vers une retraite anticipée et que l'agence de protection des données personnelles soit placée à la merci de pressions politiques. Cette procédure d'infraction pourrait déboucher sur des poursuites devant la Cour de justice européenne. Le collège des commissaires européens, réuni mardi à Strasbourg, a par ailleurs décidé de ramener à un mois - contre deux en temps normal - le temps octroyé à Budapest pour répondre à ces inquiétudes et modifier ces lois.

Ce mercredi, Viktor Orban s’est dit prêt, dans une interview au magazine allemand Bild, à négocier avec l'Union européenne. «Nous sommes prêts et ouverts à toute discussion à ce sujet avec la Commission européenne, sur la base des arguments solides qu'elle voudra nous présenter», a déclaré Orban. Le conflit en cours pourrait avoir des répercussions financières importantes: la Hongrie, au bord de la banqueroute, peine à emprunter sur les marchés. Elle cherche donc à obtenir un crédit de 15 à 20 milliards d'euros auprès de l'UE et du FMI, qui conditionnent cet octroi à la modification des textes contestés.