L'Union européenne lance des poursuites contre la Hongrie

Avec Reuters

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La Commission européenne a lancé mardi des procédures légales à l'encontre de Budapest pour sanctionner une série de réformes concernant la Banque centrale, l'appareil judiciaire et l'autorité chargée de la protection des données.

La communauté internationale reproche au Premier ministre Viktor Orban et à son parti, le Fidesz, d'avoir engagé des réformes de nature à compromettre l'indépendance des médias, de l'appareil judiciaire et de la banque centrale. Budapest a par ailleurs besoin du feu vert de l'Union européenne pour que reprennent les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) sur l'octroi d'une aide financière.

Triple procédure

Mardi, la Commission européenne a ouvert une triple procédure d'infraction contre la Hongrie. L'UE craint notamment que l'indépendance de la banque centrale soit remise en cause, que des centaines de juges soient poussés vers une retraite anticipée et que l'agence de protection des données personnelles soit placée à la merci de pressions politiques.

«La Commission européenne a lancé aujourd'hui une action légale contre la Hongrie au sujet de la nouvelle loi entrée en vigueur au début de l'année dans la nouvelle constitution hongroise», annonce l'exécutif européen dans un communiqué. Le collège des commissaires européens, réuni mardi à Strasbourg, a par ailleurs décidé de ramener à un mois -contre deux en temps normal- le temps octroyé à Budapest pour répondre à ces inquiétudes et modifier ces lois. «Comme l'ensemble des Etats membres, la Hongrie est contrainte en vertu des traités européens de garantir l'indépendance de sa Banque nationale centrale, de son Autorité de protection des données ainsi que la non-discrimination des juges», souligne pour sa part le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dans ce même communiqué.

Le Premier ministre Viktor Orban doit venir à Bruxelles mardi prochain (24 janvier) pour y évoquer ces question, a précisé Barroso.