Human Rights Watch s'alarme des déplacements forcés en Ethiopie

Reuters

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Le gouvernement éthiopien contraint actuellement par la force plusieurs dizaines de milliers de personnes à quitter leurs terres pour mettre ces dernières à la disposition d'investisseurs fonciers étrangers, provoquant une crise humanitaire au sein des populations déplacées, rapporte mardi Human Rights Watch (HRW).

"Dans le cadre de son programme de 'villagisation', le gouvernement éthiopien est en train de déplacer de force environ 70.000 personnes appartenant à des groupes de population autochtones de la région de Gambela, dans l'ouest du pays", indique l'organisation de défense des droits de l'homme, dont le siège est à New York.

"Ces personnes sont réinstallées dans de nouveaux villages où la nourriture, les terres arables et les services de santé et d'éducation adaptés font défaut", poursuit-elle dans son rapport intitulé "Ethiopie : les déplacements forcés provoquent la faim et la détresse."

Le gouvernement éthiopien affirme que son programme vise avant tout à donner accès "aux infrastructures socio-économiques de base" aux personnes déplacées mais, souligne HRW, les autorités n'ont pas fourni les ressources nécessaires pour faire vivre les gens dans les nouveaux villages.

Les Nations unies ont exprimé à plusieurs reprises leurs préoccupations face aux investissements de la Chine et des pays du Golfe en Afrique et en Asie, soucieux de s'assurer un approvisionnement à long terme en produits stratégiques, souvent aux dépens de la population locale.