Naufrage du Costa Concordia: Le bilan provisoire fait toujours état de six morts

RECHERCHES Un septième cadavre aurait pourtant été découvert dans l'épave pendant la nuit de lundi à mardi, selon un quotidien italien...

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Le corps sans vie d'un passager du Costa Concordia a été répéré dans la nuit de lundi à mardi dans l'épave du navire de croisière, portant à sept le bilan provisoire des victimes du naufrage devant l'île du Giglio en Toscane, affirme le site internet du journal La Stampa.
Le corps sans vie d'un passager du Costa Concordia a été répéré dans la nuit de lundi à mardi dans l'épave du navire de croisière, portant à sept le bilan provisoire des victimes du naufrage devant l'île du Giglio en Toscane, affirme le site internet du journal La Stampa. — Andreas Solaro afp.com

Le nombre des corps retrouvés après le naufrage du Costa Concordia s'établissait toujours officiellement à six mardi matin, les autorités chargées des secours ne confirmant pas qu'une septième dépouille ait été repérée dans l'épave comme l'affirmait le site de La Stampa. Selon le grand quotidien italien, les pompiers auraient repéré dans la nuit un nouveau corps dans l'épave du navire de croisière Costa Concordia, qui a fait naufrage vendredi devant l'île toscane du Giglio, ce qui porterait le bilan provisoire des morts à sept. Ce septième corps aurait été repéré dans l'épave mais n'a pas encore été récupéré, selon la Stampa.

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Lundi soir, lors d'une émission télévisée, le commandant général des garde-côtes italiens Marco Brusco, avait indiqué qu'un total «de 29 personnes -4 membres d'équipage (dont le pianiste) et 25 passagers- manquaient encore à l'appel». Selon M. Brusco, parmi les touristes, 6 Italiens et 10 Allemands n'ont pas été retrouvés. S'ajoutent à ces disparus, un couple d'Américains Gerald et Barbara Ann Heil qui font l'objet d'un avis de recherche et 2 couples de Français. Un des trois autres portés manquants pourrait être péruvien.

«Lueur d'espoir»

Les recherches menées jusqu'à tard par les plongeurs spéléologues avec de puissants projecteurs ont été stoppées dans la soirée dans l'épave du navire, couché en équilibre sur des rochers à moins de 50 mètres de la rive et qui menace de glisser vers des hauts fonds. Soulignant combien l'exploration du navire est «dangereuse» même pour des plongeurs expérimentés, M. Brusco a estimé qu'il «reste une lueur d'espoir» car il «y a encore des zones à contrôler». Selon lui, «le temps devrait être bon jusqu'à mercredi ce qui devrait permettre aux secours de continuer leurs opérations».

Le Concordia qui transportait 4.229 personnes -quelque 3.200 touristes et un millier de membres d'équipage- a fait naufrage vendredi soir après avoir heurté un rocher près de l'île du Giglio, en Toscane (centre ouest). Outre la tragédie humaine, les autorités s'activent pour éviter un «désastre» écologique avec la fuite des 2.380 tonnes de carburant, du gazole dense et lourd, encore dans les entrailles du mastodonte. En milieu d'après-midi, un liquide huileux s'est écoulé aux abords de l'épave. Dans la soirée, le ministre de l'Environnement Corrado Clini a indiqué qu'il ne s'agit «apparemment pas d'une fuite de carburant».

«Bombe écologique»

Le gouvernement entend toutefois décréter dès cette semaine l'état de catastrophe naturelle sur la zone pour mobiliser un maximum de ressources financières et humaines afin d'éviter une pollution du parc naturel entourant le Giglio. Le maire de l'île Sergio Ortelli a confié redouter cette «bombe écologique». Une vingtaine d'experts de la société néerlandaise Smit&Salvage, arrivés sur l'île, tentent de mettre le navire en sécurité. Des bouées jaunes en forme de saucisses ont déjà été disposées autour du paquebot.

Invité de la même émission que le chef des garde-côtes, le ministre a donné 48 heures à l'armateur du navire pour présenter un plan afin de vider les réservoirs, soulignant le risque que «le navire puisse couler puis ensuite se briser en plusieurs morceaux».

«Les membres d'équipage se bousculaient pour fuir avant nous»

De nombreux témoins ont continué de dénoncer un chaos complet lors de l'évacuation du navire. «Chacun ne pensait qu'à sauver sa peau, les membres d'équipage avaient oublié qu'ils devaient rétablir l'ordre et se bousculaient pour fuir avant nous», a affirmé Artur Silva, un passager portugais de 63 ans au Correio da Manha.

La catastrophe, qui rappelle le naufrage du Titanic cent ans après la tragédie, a aussi son lot de héros. Tel le commissaire de bord Manrico Giampietroni qui a sauvé des dizaines de personnes avant de tomber dans un trou, se fracturant une jambe. Il a été secouru dimanche après avoir passé 36 heures bloqué dans l'épave.

Le croisiériste américain Carnival, dont le titre a perdu en une séance 16,46% à la Bourse de Londres, a chiffré entre 85 et 95 millions de dollars l'impact immédiat sur ses comptes du naufrage. L'Organisation maritime internationale (OMI), qui dépend de l'ONU, a estimé qu'il fallait "si nécessaire" revoir les règles de sécurité sur les grands navires de passagers. En raison de la catastrophe, elle a annulé lundi des commémorations pour le centenaire du naufrage du Titanic en avril 1912.