Inde: Face à Michelin et son usine, ils luttent pour préserver leurs terres

TERRITOIRE Contre la volonté des villageois, Michelin construit une importante usine dans le Tamil Nadu...

Virginie Belle

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Réunion des villageoises de Thervoy Kandigai dans le Tamil Nadu.
Réunion des villageoises de Thervoy Kandigai dans le Tamil Nadu. — PROF A. MARX

Les habitants de Thervoy, dans le Tamil Nadu, au sud de l’Inde, des Intouchables qui vivent depuis toujours des pâturages et forêts, ne veulent pas d’une usine Michelin sur leurs terres. Un territoire indispensable à leur survie, déjà en partie détruit, par le gouvernement local, pour viabiliser une zone destinée, notamment, à l’installation d’une usine Michelin.

«Depuis deux ans, les villageois multiplient manifestations et grèves de la faim pour sauver leur forêt. Ils sont désormais contraints de marcher plusieurs kilomètres pour faire paître leurs troupeaux, sur des terres stériles», a déclaré lundi à Clermont-Ferrand, Madhumita Dutta, militante indienne. Si les autorités fédérales ont autorisé cette construction, l’assemblée du peuple, appelée Gram Sabha, s’est opposée à la poursuite du projet. «La décision de cette assemblée n’a pas été respectée, poursuit la jeune femme. Nous avons porté l’affaire devant le tribunal environnemental de Delhi, qui suit le dossier.»

Pétition remise à Michelin

Michelin précise qu’«elle loue le terrain à l’Etat du Tamil Nadu, pour construire son usine, qui produira des pneus poids lourds pour le marché indien, début 2013.» «Il n’existe aucun conflit dans cette région, même si quelques dizaines de personnes contestent la création de la zone industrielle sur laquelle nous sommes implantés», affirme l’entreprise. La militante témoigne, elle, «au nom de milliers d’opposants». Parmi eux, «huit sont toujours emprisonnés, 75 en attente de jugement».

«Si le groupe français se félicite de participer à l’amélioration des conditions de vie des villageois, ajoute-t-elle, eux ne souhaitent qu’une chose: jouir de leurs terres. Michelin n’a pas le droit d’imposer sa conception du développement. C’est inacceptable!». Les autochtones, auxquels s’associe la CGT-Michelin, demandent l’arrêt de la construction de l’usine, la restitution de leurs terres et une indemnisation. Une pétition - plus de 35.000 signatures - a été remise aux dirigeants de Michelin.

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