Naufrage du Costa Concordia: Les opérations de recherche ont repris

DRAME Quatre Français manquent toujours à l'appel selon le ministère des Affaires étrangères...

Avec Reuters

— 

Un hélicoptère survole l'épave du navire de croisière Costa Concordia, le 16 janvier 2012, au large de la Toscane.
Un hélicoptère survole l'épave du navire de croisière Costa Concordia, le 16 janvier 2012, au large de la Toscane. — Gregorio Borgia/AP/SIPA

Les opérations de recherche d'éventuels survivants – et des corps des disparus – ont  repris ce lundi après-midi vers 15h30 dans l’épave du Costa Concordia. Elles avaient été suspendues pendant près de quatre heures en milieu de journée, car le bateau a commencé à glisser le long des rochers sur lesquels il est incliné depuis vendredi soir.

Avant cette interruption, un sixième cadavre a été extrait avant l'aube de l'épave de ce bâtiment de 114.500 tonnes, couché sur le flanc dans 20 mètres d'eau.

Par ailleurs, 16 des quelque 4.000 passagers et membres d'équipage qui se trouvaient à bord au moment de l'accident sont toujours portés disparus, a déclaré le préfet de la province de Grosseto, Giuseppe Linardi. A Paris, le ministère des Affaires étrangères dit être sans nouvelles de quatre Français présents sur le navire. Le Quai d'Orsay juge cependant possible qu'ils soient rentrés chez eux par leurs propres moyens.

D’autres personnes en cause?

Interrogé à la mi-journée lors d’une conférence de presse, le PDG de la compagnie Costa Croisières, propriétaire du bateau, a imputé le naufrage à une «erreur humaine» de la part du capitaine. Ce dernier, Francesco Schettino, a été arrêté samedi. Il est accusé d'homicides involontaires multiples et d'abandon du navire avant que la totalité des passagers et membres d'équipage aient été évacués.

«La compagnie va se rapprocher du capitaine et va lui fournir toute l'assistance nécessaire mais nous devons reconnaître les faits et nous ne pouvons nier une erreur humaine», a déclaré le patron de Costa Croisières, Pier Luigi Foschi, au bord des larmes, lors d'une conférence de presse à Gênes. «La compagnie désavoue un tel comportement à l'origine de l'accident consistant à détourner le paquebot de sa route idéale (...) Ces navires sont ultra sécurisés. C'est un événement exceptionnel qui était imprévisible», a-t-il ajouté.

Le procureur Francesco Verusio a déclaré que le navire s'était approché à seulement 150 mètres du rivage, ce qui est, a-t-il ajouté, «incroyablement proche». Il n'a pas exclu que l'enquête mette en cause d'autres personnes que le commandant «pour cette manoeuvre dangereuse.

Le commandant est «dévasté»

Francesco Schettino affirme pour sa part que le rocher heurté par le navire ne figure pas sur les cartes maritimes et qu'il n'a pas été détecté par les systèmes de bord. Selon lui, l'accident s'est produit à 300 mètres du rivage. Son avocat, Bruno Leporatti, a déclaré que le capitaine était «dévasté et (qu')il souhait(ait) adresser ses plus profondes condoléances aux victimes».

Selon lui, la décision prise par Francesco Schettino de rapprocher le navire de la côte après avoir percuté un rocher «a sauvé la vie de milliers de personnes». «Cela aurait pu être une énorme tragédie», a insisté l'avocat.

«Le bateau est venu trop près»

Comme les enquêteurs, les habitants de Giglio affirment que le bateau est passé bien plus près de l'île que d'habitude.

Le père du chef des stewards a déclaré à Reuters que son fils lui avait téléphoné avant l'accident pour lui annoncer que l'équipage le saluerait en faisant résonner la sirène du navire en passant à proximité de Giglio, où résident à la fois ce steward, Antonello Tievoli, et son père Giuseppe, 82 ans.

«Il est évident que le bateau est venu trop près», a indiqué ce dernier. «Je ne sais pas si Antonello a demandé au capitaine de s'approcher mais la responsabilité relève toujours du capitaine.»