Irak: Neuf morts dans un attentat dans une enclave chiite à Mossoul

Reuters

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Un attentat à la voiture piégée dans une enclave chiite à Mossoul, dans le nord de l'Irak, a fait ce lundi au moins neuf morts et cinq blessés, a-t-on appris de sources policières et hospitalières. La majorité chiite d'Irak a été la cible de multiples attentats meurtriers depuis qu'a éclaté en décembre une crise politique menaçant l'accord de partage du pouvoir entre les différentes communautés du pays. Cette vague de violences survient en outre après le départ des dernières forces américaines, qui ont laissé aux Irakiens l'entière responsabilité de la sécurité de leur pays.

L'attentat de ce lundi a été commis dans un petit village accueillant des membres de l'ethnie des Chabak, une minorité chiite. Selon un journaliste de Reuters sur place, l'explosion a creusé un cratère peu profond de quatre mètres de diamètre auprès duquel gisaient des lambeaux de chair humaine. Trente mètres plus loin, un taxi criblé d'impacts d'éclats était immobilisé au-dessus de flaques de sang.

«C'est nous, les plus pauvres, qui en payons le prix»

"Tout cela, c'est à cause du conflit politique sur les postes au gouvernement et c'est nous, les plus pauvres, qui en payons le prix", s'est plaint un habitant de cette enclave, Abou Ebrahem, interrogé par Reuters. "Ils veulent provoquer des troubles confessionnels mais ils n'y parviendront pas." La police dit avoir repéré une autre voiture piégée. Il lui a fallu plusieurs heures pour désamorcer cette bombe. La crise politique a éclaté en Irak lorsque le Premier ministre chiite Nouri al Maliki a émis un mandat d'arrêt contre le vice-président sunnite Tarek al Hachémi, accusé de soutenir des activités terroristes.

Mossoul, située à 400 km au nord de Bagdad, est un ancien bastion de l'insurrection sunnite d'Al Qaïda et elle a été le théâtre d'affrontements parmi les plus violents dans la guerre déclenchée par l'intervention militaire américaine en 2003. Les faubourgs de l'est de la ville font partie de territoires revendiqués par le gouvernement central de Bagdad et les autorités de la région semi-autonome du Kurdistan.