« Ils nous ont tout simplement abandonnés »

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« Sur le bateau, c'était l'horreur. Jamais je n'aurais cru que ce genre de choses était possible. » Nadine était encore sous le choc hier à son arrivée en bus à l'hôtel Ibis de la Joliette, à Marseille. Accompagnée de douze autres rescapés du Costa Concordia, qui s'est échoué vendredi soir au large de la petite île du Giglio (Italie), elle a du mal à parler de la catastrophe. De son côté, Christophe, qui voyageait avec plusieurs membres de sa famille, dont ses deux enfants de 3 et 6 ans, fulmine. « L'organisation était bidon. Cet équipage était composé de lâches. Ils nous ont tout simplement abandonnés. »
De nombreux témoignages pointent des lacunes au moment de l'évacuation, notamment le capitaine qui a quitté le navire prématurément. « Après le premier choc, on a vu les membres de l'équipage passer avec des gilets de sauvetage, affirme Marie-Claude, qui a été la dernière à être évacuée par hélicoptère. Ils nous ont dit : “Tout va bien, restez à l'intérieur.” En fait, ils en ont profité pour partir. Heureusement que le petit personnel, lui, est resté pour nous aider. » La rancœur contre l'équipage est d'autant plus tenace qu'aucun exercice d'évacuation n'avait été effectué dans la semaine, assure plusieurs rescapés. Du coup, certains envisagent des poursuites judiciaires contre Costa Croisières. « Il va falloir qu'ils nous donnent des explications, tranche Frédéric, qui fêtait l'anniversaire de sa femme samedi. Après un tel cauchemar, j'espère qu'on va se réunir avec les autres passagers pour engager des poursuites. »
à Marseille, Jérôme Comin