Naufrage du Concordia: trois rescapés

DRAME Le bilan s'élève à trois morts et des dizaines de disparus...

C. L. avec AFP

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Le paquebot Costa Concordia s'est échoué près d'une île de Toscane vendredi 14 janvier 2012.
Le paquebot Costa Concordia s'est échoué près d'une île de Toscane vendredi 14 janvier 2012. — REUTERS

Une lueur d'espoir au coeur du drame. Comme souvent dans ce type de catastrophe, une bonne nouvelle a redonné espoir aux sauveteurs plusieurs heures après la naufrage du navire de croisière Costa Condordia: un homme a été sauvé dimanche dans la matinée par les sauveurs. Il a été extrait du bateau, où il était resté coincé parès le naufrage.

Un peu plus tôt dans la nuit c'était un couple de Sud-coréens en voyage de noces qui avait été sauvé de l'épave dimanche matin. Mais le nombre de disparus oscillait toujours entre environ 40 et 60 dans le naufrage du navire de croisière, vendredi soir, qui a fait trois morts près d'une île de Toscane.

Le commandant du bateau, Francesco Schettino, ainsi que son second, Ciro Ambrosio, ont été arrêtés, accusés notamment d'homicides multiples et d'abandon du navire. Le commandant «s'est approché de manière très maladroite de l'île du Giglio, a heurté un rocher qui s'est encastré dans son flanc gauche, faisant s'incliner (le navire) et embarquer énormément d'eau en l'espace de deux, trois minutes», a indiqué le procureur de Grosseto Francesco Verusio à la presse. Le commandant Schettino s'était auparavant défendu en affirmant avoir «heurté un éperon rocheux» qui ne figurait pas sur les cartes nautiques, une hypothèse exclue par les garde-côtes.

Un jeune couple sauvé dans la nuit

Un couple de jeunes mariés sud-coréens en voyage de noce, tous deux âgés de 29 ans, a été sauvé dans la nuit de samedi à dimanche de l'épave, après avoir passé 24 heures coincé dans sa cabine. Réagissant à Séoul, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a indiqué à l'AFP qu'«un total de 35 Sud-coréens, dont deux membres d'équipage, ont été retrouvés jusque là», sans disposer encore d'autres détails.

Le préfet de Grossetto, Giuseppe Linardi, avait annoncé plus tôt «trois morts confirmés» et indiqué que 41 personnes manquaient encore à l'appel, en confrontant les listes de l'armateur, parlant de 4.231 ou 4.229 passagers et membres d'équipage, et celles des sauveteurs. Le préfet avait toutefois cité l'exemple de quatre Américains considérés comme disparus puis retrouvés chez un habitant du Giglio qui les avait hébergés dans la nuit. Mais Cosimo Nicastro, un porte-parole pour les garde-côtes, a estimé entre 50 et 60 le nombre de personnes manquantes.

Quarante-deux personnes ont été blessées, dont deux sont dans un état grave, une femme souffrant d'un traumatisme crânien et un homme d'un traumatisme à la colonne vertébrale. Mais 26 autres ont déjà pu quitter l'hôpital. Selon des sources sanitaires, la plupart ont eu des mains, bras ou jambes cassés et souffrent d'hypothermie après leur séjour dans l'eau glacée. Ennio Aquilino, commandant des pompiers de Grossetto, a indiqué à l'AFP que ses hommes avaient «sorti 100 personnes de l'eau et sauvé environ 60 autres qui étaient piégées sur le bateau».

Pas de risque de pollution

Toute la journée, sauveteurs et plongeurs, à la recherche de survivants, ont inspecté les parties émergées et immergées du navire, couché sur le flanc avec une brèche énorme longue de 70 à 100 mètres, incliné à 80 degrés, et à moitié sous l'eau. Luca Cari, un porte-parole des pompiers, a dit à l'AFP sa crainte que le navire échoué sur les rochers ne glisse vers le large, où il pourrait couler par 100 mètres de fond. Un responsable du ministère de l'Environnement a écarté tout risque de pollution auprès de l'AFP, affirmant que «c'est un navire neuf, à double fond».

Les plus de 4.200 rescapés ont été transférés du Giglio vers le port de Santo Stefano puis ensuite rapatriés chez eux en Italie, à l'étranger ou répartis dans les hôtels de la région.

Les boites noires données à la justice

Les «boîtes noires» du navire (enregistrement des conversations) ont été récupérées et saisies par la justice.

Le Costa Concordia, parti de Civitavecchia vers 19h vendredi, transportait 4.229 personnes dont plus de 3.000 touristes, en particulier 989 Italiens, 569 Allemands, 462 Français, 177 Espagnols, 129 Américains. Selon un communiqué de Costa Crociere, le paquebot effectuait une croisière en Méditerranée au départ de Savone «avec des escales prévues à Civitavecchia, Palerme, Cagliari, Palma de Majorque, Barcelone et Marseille». Le Concordia était considéré comme un véritable «temple du divertissement» avec ses 58 suites avec balcons, cinq restaurants, 13 bars, cinq jacuzzis et quatre piscines.