Appel à l'unité aux obsèques du scientifique iranien tué

Reuters

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Les obsèques, ce vendredi, de l'ingénieur nucléaire iranien tué à Téhéran ont été l'occasion pour le clergé de lancer un appel à serrer les rangs dans la perspective des élections législatives du 2 mars et dans un contexte de relations tendues avec l'Occident. Mostafa Ahmadi-Roshan, 32 ans, en poste dans l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, près d'Ispahan, a été victime mercredi d'une bombe ventouse posée par un commando circulant en deux roues dans les rues de la capitale.

Les autorités iraniennes ont mis en cause Israâl, qui est resté muet, et les Etats-Unis, qui ont nié toute participation. Elles ont aussi demandé aux Nations unies d'ouvrir une enquête, selon l'agence de presse Fars. Le cercueil du jeune homme, enveloppé dans le drapeau iranien, a été porté au milieu de centaines de personnes en deuil. La foule a scandé "Mort à l'Amérique ! Mort à Israël !" à l'issue de la grande prière hebdomadaire à l'université de Téhéran où la victime a été proclamée "martyr" dans la tradition chiite.

«L'énergie nucléaire est notre droit absolu»

"L'énergie nucléaire est notre droit absolu", scandait aussi la foule. L'Iran est soupçonné par la communauté internationale de chercher à se doter de la bombe atomique sous souvert d'un programme énergétique civil. Lors de la prière, l'ayatollah Mohammed Emami-Kashani a déclaré aux fidèles que l'assassinat du scientifique de Natanz devrait inciter les Iraniens à ignorer la consigne de boycottage de l'opposition au prochain scrutin législatif, test important pour le pouvoir depuis les manifestations qui ont suivi la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad en août 2009 et les révoltes arabes qui ont éclaté il y a un an.

"La nation doit se réveiller", a lancé l'ayatollah dans son sermon en reprenant à son compte l'accusation formulée par le Guide de la révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, sur un complot ourdi par les ennemis occidentaux de l'Iran pour déstabiliser le pays à l'occasion du scrutin du 2 mars. "Des élections se profilent et, comme le guide l'a déclaré, l'ennemi veut utiliser cette consultation. Le peuple dans son ensemble doit s'unir", a-t-il dit. En tournée au Amérique latine, le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré à propos de l'assassinat de l'ingénieur nucléaire: "Une fois de plus, les mains sales de l'arrogance et des éléments sionistes ont privé notre communauté scientifique et universitaire de l'un des ses plus jeunes et brillants représentants."

"Ces criminels qui croient pouvoir empêcher les élites intellectuelles iraniennes de croître devraient savoir que semblable attitude ne fera pas dévier notre cher pays de la voie du développement. Elle ne fera que renforcer la volonté et la détermination des Iraniens à progresser avec fierté dans le domaine scientifique international", a-t-il dit, cité par l'agence de presse Isna. Mostafa Ahmadi-Roshan devait être inhumé dans un mausolée où repose déjà un scientifique nucléaire iranien assassiné de la même façon en janvier 2010.