Jacquier, tombé pour l'information

Armelle Le Goff

— 

Gilles Jacquier (à g.), journaliste de France 2, a été tué par des tirs de mortier, hier à Homs (à dr.).
Gilles Jacquier (à g.), journaliste de France 2, a été tué par des tirs de mortier, hier à Homs (à dr.). — photos : REUTERS

Il avait obtenu des autorités syriennes l'autorisation de couvrir la crise syrienne pour le magazine « Envoyé spécial » de France 2. Gilles Jacquier, 43 ans, a été tué hier, à Homs, épicentre de la contestation, par des tirs de mortier. Christophe Kenck, le journaliste reporter d'images qui l'accompagnait, aurait été légèrement blessé ainsi qu'un photographe néerlandais qui se trouvait avec eux au moment de l'attaque. Mais, hier soir, les circonstances du drame étaient loin d'être claires. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a donc dit souhaiter avec une grande fermeté que « toute la lumière » soit faite sur cet « acte odieux ».

Un journaliste qui fait honneur à la France
Gilles Jacquier est le premier journaliste occidental à être tué en Syrie depuis que la crise a éclaté le 15 mars 2011. Grand reporter pour France 2 depuis 1999, lauréat du prix Albert Londres en 2003, il était « en mission autorisée par le gouvernement syrien, pour un reportage destiné au magazine de la rédaction “Envoyé spécial” », rappelle un communiqué de France Télévisions. « Nous sommes en contact avec les autorités syriennes et françaises pour rapatrier le corps et l'équipe de France 2 », précise aussi le groupe.
« Les journalistes comme Gilles Jacquier font honneur à leur métier, à notre télévision publique et à la France », a déclaré l'Elysée. Directeur de l'information de France Télévisions, Thierry Thuillier s'est également exprimé sur iTélé pour expliquer que sa rédaction continuerait à couvrir les événements en Syrie, « en minimisant les risques », soulignant que renoncer serait « lâche ». Reporters sans frontières rappelle en effet qu'un professionnel syrien de l'information et deux « journalistes citoyens » ont trouvé la mort depuis le début de l'insurrection. Au total, ce ne sont pas moins de 5 000 civils qui auraient été tués lors des affrontements quotidiens qui opposent les insurgés à l'armée syrienne.