Moscou s'oppose à un boycott du pétrole iranien

Reuters

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La Russie est hostile à des sanctions internationales contre les exportations de pétrole iranien, même si Téhéran poursuit ses opérations d'enrichissement d'uranium, a déclaré ce mercredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. "Quelles que soient les conditions (...), nous sommes contre l'entrée en vigueur de telles mesures contre l'Iran", a-t-il dit à l'agence de presse Itar-Tass. Les 27 Etats membres de l'UE ont conclu un accord de principe sur un embargo contre le pétrole iranien en raison de la poursuite du programme d'enrichissement d'uranium de la République islamique.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, qui se réuniront en principe le 23 janvier, devraient décider sa mise en oeuvre à cette occasion. "Ces sanctions n'ont rien à voir avec (...) le renforcement de la non-prolifération. Deuxièmement, (les précédentes sanctions) contre l'Iran n'ont pas permis d'avancer vers une solution négociée, mais l'ont éloignée", a poursuivi Sergueï Riabkov.

Mise en service du site d'enrichissement d'uranium de Fordow

Téhéran a confirmé cette semaine la mise en service du site d'enrichissement d'uranium de Fordow, près de la ville sainte chiite de Qom, ce qui lui a valu une vive réaction des puissances occidentales et de Moscou, qui a pourtant participé à la construction de la première centrale nucléaire iranienne à Bushehr. Le ministère russe des Affaires étrangères a regretté l'initiative et s'est dit préoccupé.

Face à la menace d'un boycottage du pétrole irakien, la République islamique a menacé de fermer le détroit d'Ormuz, par où transite 40% du brut mondial. Une telle initiative entraînerait l'intervention de la flotte américaine, a averti Washington. "Une opération militaire contre l'Iran serait une grave erreur, un cruel manque de discernement. Les conséquences d'un événement aussi hypothétique seraient gigantesques pour la sécurité régionale et internationale", a souligné Sergueï Riabkov, ajoutant que rien n'empêchait la reprise des négociations internationales sur le programme nucléaire de Téhéran.