Le Yémen donne 48 heures aux belligérants pour quitter Sanaa

Reuters

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Une commission yéménite chargée de démilitariser Sanaa a donné 48 heures à partir de jeudi matin aux partisans et aux opposants du président Ali Abdallah Saleh pour se retirer de la capitale, annonce ce mercredi l'agence de presse Saba. La présence d'hommes armés à Sanaa, qui n'ont pas respecté un précédent appel à déposer les armes fin décembre, souligne la difficulté d'entrevoir un retour à la normale dans le pays.

L'agence de presse précise que la commission ne pourra pas utiliser la force pour convaincre les belligérants, mais qu'elle pourra recourir à la communauté internationale pour mettre la pression sur les factions armées. La commission a également indiqué qu'elle commencerait à rouvrir les routes bloquées par les forces rivales durant la trêve, prévenant qu'elle tiendrait pour "responsable" quiconque gênerait le processus, sans apporter plus de détails.

Un officier des services de renseignement tué, cinq blessés

Par ailleurs, des inconnus, apparemment liés à Al-Qaida, ont attaqué ce mercredi un minibus à bord duquel se trouvaient des officiers des services de renseignement, en tuant un et en blessant cinq, ont dit un responsable et des sources médicales. L'attaque a eu lieu dans le sud du pays, au lendemain de la mort d'au moins douze combattants présumés d'Al-Qaida et de trois soldats dans deux affrontements distincts.

Les assaillants ont ouvert le feu sur le minibus alors qu'il circulait sur un axe routier à Aden. "Cet incident porte en tous points la marque d'Al-Qaida. Ce n'est pas la première fois que les forces de sécurité sont victimes d'actes terroristes", a dit le responsable. Deux des blessés sont dans un état grave. Face à la crise politique au Yémen, les groupes activistes tels que Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) se sont enhardis et tentent d'étendre leur influence dans la province d'Abyan. L'armée s'efforce de chasser les activistes des villes de Jaar et de Zinjibar, la capitale provinciale.