Indépendance de l'Ecosse: Londres affiche ses conditions sur le référendum

Reuters

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Le gouvernement britannique a présenté ce mardi ses conditions pour la tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Londres veut que la réponse à la question posée se limite à un "oui" ou à un "non" à l'indépendance de l'Ecosse, qui s'est ralliée à la couronne britannique en 1707. Le gouvernement de David Cameron exclut donc que les quelque cinq millions d'Ecossais se prononcent sur une plus grande autonomie et veut également que le scrutin ait lieu le plus tôt possible.

"Il est essentiel que le référendum soit légal, juste et décisif", a déclaré Michael Moore, ministre britannique chargé des Affaires écossaises, au Parlement. Le Parti national écossais (SNP), qui a remporté la majorité absolue en mai dernier lors de l'élection du parlement écossais, s'est engagé à organiser un référendum sur l'indépendance dans la seconde moitié du mandat du parlement d'Edimbourg, qui court jusqu'en 2016.

Cameron rejette toute division du Royaume-uni

Le Premier ministre britannique David Cameron, qui rejette toute division du Royaume-uni, estime qu'un retard dans l'organisation de la consultation créerait une incertitude néfaste aux investissements dans l'économie écossaise. Les autorités britanniques jugent possible l'organisation d'un vote dans les 18 prochains mois. Le Premier ministre écossais Alex Salmond, favorable à la partition, a critiqué les propos de Downing Street.

"La seule préoccupation du Premier ministre conservateur est que l'Ecosse reste tenue d'une main de fer mais le message de l'Ecosse, c'est 'désolé, cette époque est révolue'", a déclaré Salmond sur radio BBC. Le SNP espère pouvoir tirer profit de deux événements majeurs en 2014, à savoir les Jeux du Commonwealth, qui auront lieu à Glasgow, et le 700e anniversaire de la bataille de Bannockburn, où les Ecossais avaient battu l'armée anglaise, pour créer une dynamique en faveur de la scission.

A en croire un sondage de l'institut Ipsos Mori rendu public en décembre, 38% des Ecossais certains d'aller voter en cas de référendum se prononceraient pour l'indépendance, soit trois points de plus qu'en aoât, et 58% s'y déclarent hostiles.