Colombie: Le chef des Farc ouvert à des négociations de paix

Reuters

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Le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a demandé au président Juan Manuel Santos l'ouverture de négociations pour mettre un terme à un conflit qui dure depuis cinq décennies. "Nous sommes intéressés pour nous retrouver autour d'une hypothétique table de négociations", dit le nouveau leader des Farc Rodrigo Londono, alias Timoleon Jiménez, également appelé "Timochenko", dans une lettre ouverte au président Santos, fait rare.

La lettre a été publiée lundi soir sur le site internet de la guérilla marxiste farc-ep.co et est intitulée "Sin mentiras, Santos, sin mentiras" (sans mensonges, Santos, sans mensonges). Dans ce texte confus, au style alambiqué, le leader des Farc évoque pêle-mêle la Bible, Jack London et la mythologie grecque. Il évoque aussi "les privatisations, la dérégulation, la liberté absolue du commerce et l'investissement, la déprédation de l'environnement, la démocratie de marché, la doctrine militaire".

Un calendrier pour les négociations

"Timochenko" n'explique pas ce qu"hypothétique" signifie à ses yeux. Il demande au président Santos, qui était ministre des Finances lors du processus de paix de 1999-2002 qui avait échoué, de fixer un calendrier pour les négociations. "Timochenko", qui a succédé en novembre à Alfonso Cano tué lors d'un raid de l'armée, critique aussi le gouvernement de droite pour sa politique concernant le pétrole et le charbon, estimant qu'elle fait le bonheur des investisseurs étrangers au détriment de la population colombienne.

Avant l'ouverture de négociations, Bogota exige des rebelles qu'ils déposent les armes, libèrent tous les otages et arrêtent de mener des attaques. Depuis l'arrivée au pouvoir de Juan Manuel Santos en 2010, le gouvernement a effectué de nombreuses réformes, dont la restitution de terres à des paysans déplacés, ce qui était une revendication des rebelles par le passé.

"Il y a peu de chance que cette lettre aboutisse à une fin négociée, au moins à court terme", juge Alberto Ramos, analyste chez Goldman Sachs. "Le ton des Farc se situe plus dans la confrontation que dans la conciliation, car ils critiquent durement le gouvernement et le système actuel politico-économique", poursuit-il. Timoleon Jimenez, qui comme son prédécesseur porte barbe et lunettes, serait plus intransigeant que d'autres hauts responsables que les Farc auraient pu porter à leur tête, selon les services de renseignement colombiens.