Rwanda: L'attentat qui a déclenché le génocide pourrait ne pas avoir été commis par des tutsis

Bérénice Dubuc

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Et si la mort du président rwandais, Juvénal Habyarimana, dans un attentat, n’avait pas été le fait de rebelles tutsis du Front populaire rwandais (FPR)? Le Nouvel Obs dévoile ce mardi des informations liées aux conclusions de l'expertise judiciairie des cinq experts (géomètre, balistique, explosifs, incendie, acousticien) nommés par les juges antiterroristes Marc Trévidic et Nathalie Poux en 2010, et qui doivent remettre leur rapport ce mardi.

Le site de l’hebdomadaire indique que, selon leur rapport, la roquette tirée sur l'avion du président Habyarimana en 1994, ne l'a pas été par des rebelles du Front populaire rwandais (FPR) depuis Masaka, une colline boisée située à quelques 4 km de l'aéroport, mais que les tireurs se trouvaient à proximité, voire à l'intérieur, du camp de Kanombe, tenu par des officiers rwandais.

Un coup d'Etat d'extrémistes hutu?

Les experts s'appuient sur des relevés, mais aussi sur deux témoignages anciens, celui d'un médecin militaire belge et celui d'un lieutenant-colonel des troupes de marines français, qui résidaient à l'intérieur du camp des Forces armées rwandaises (FAR) à Kanombe. Ces nouvelles informations viennent appuyer la théorie soutenue par un rapport d'enquête rwandais, qui  affirme que les tirs sont partis du camp militaire de Kanombe, où il est «impossible d'imaginer» que le FPR ait pu s'infiltrer.

La thèse rwandaise impute la responsabilité de l'attentat aux extrémistes hutu des FAR, qui auraient voulu se débarrasser du président Habyarimana, jugé trop modéré, pour faciliter un coup d'Etat et empêcher l'application du traité d'Arusha et à en finir une bonne fois pour toute avec les Tutsis. L'attentat contre l'avion du président Habyarimana a été le déclencheur du génocide de 800.000 tutsis.