Pervez Musharraf annonce son retour au Pakistan

Reuters

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L'ancien président pakistanais Pervez Musharraf a annoncé ce dimanche qu'il mettrait un terme à son exil et rentrerait avant la fin du mois au Pakistan pour préparer les élections législatives de 2013.

"Des initiatives sont en cours pour me faire peur, mais leurs auteurs ignorent que je ne suis pas de ceux qu'on effraie", a-t-il dit dans une intervention par visioconférence à quelque 8.000 partisans de son nouveau parti, la Ligue musulmane pour l'ensemble du Pakistan (APML), réunis à Karachi. "J'ai livré des guerres, je n'ai pas peur du danger", a-t-il ajouté.

Mandat d'arrêt

L'ex-général, qui a démissionné et quitté son pays en 2008, fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré contre lui par une cour spéciale dans le cadre de l'enquête sur la mort de Benazir Bhutto, tuée en décembre 2007 dans un attentat à Rawalpindi. Il lui est reproché de ne pas avoir mis à disposition de l'ex-Premier ministre un dispositif de sécurité à la hauteur des dangers qu'elle courait. A ses partisans, Musharraf a précisé qu'il regagnerait le Pakistan entre le 27 et le 30 janvier.

De sources saoudiennes et pakistanaises, on indique ce dimanche qu'il prévoit de se rendre d'abord en Arabie saoudite pour obtenir le soutien de Ryad. "Musharraf se rendra prochainement en Arabie saoudite pour obtenir le soutien (des autorités) avant de revenir au Pakistan", a indiqué une source saoudienne proche du dossier. Une source pakistanaise a confirmé que Musharraf, qui se trouve actuellement à Dubaï, se rendrait prochainement à Ryad.

A la recherche de garanties contre une arrestation à son retour?

La source saoudienne n'a pas souhaité précisé la nature du soutien recherché par l'ancien chef d'Etat, qui avait pris le pouvoir à la faveur d'un putsch en 1999, mais certaines informations laissent penser qu'il pourrait chercher des garanties le protégeant de toute arrestation à son retour au Pakistan.

L'Arabie saoudite, qui jouit d'une grande influence au Pakistan en raison de son aide financière, a exprimé son inquiétude concernant les relations tendues entre l'armée et le gouvernement ces derniers mois. "La stabilité du Pakistan est très importante pour la région et doit se maintenir", a dit une autre source proche du dossier. Un retour de Pervez Musharraf dans le jeu politique pakistanais pourrait accentuer ces tensions, estiment des analystes.