Syrie: Le rapport des observateurs attendu, les violences continuent

GUERRE L'opposition syrienne dénonce elle l'incapacité de la Ligue arabe à faire cesser les violences et réclame que le dossier soit transféré à l'ONU

© 2012 AFP

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Le chef des observateurs en Syrie, chargé de veiller à l'application du plan arabe de sortie de crise, présente dimanche son premier rapport à la Ligue arabe sur sa mission dans un pays où les violences ont encore fait des dizaines de morts ces derniers jours.
Le chef des observateurs en Syrie, chargé de veiller à l'application du plan arabe de sortie de crise, présente dimanche son premier rapport à la Ligue arabe sur sa mission dans un pays où les violences ont encore fait des dizaines de morts ces derniers jours. — afp.com

Le chef des observateurs en Syrie, chargé de veiller à l'application du plan arabe de sortie de crise, présente dimanche son premier rapport à la Ligue arabe sur sa mission dans un pays où les violences ont encore fait des dizaines de morts ces derniers jours.

Le comité ministériel de la Ligue arabe en charge du dossier syrien doit se réunir au Caire, au siège de l'institution panarabe, à partir de 14h afin d'auditionner le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, à la tête des 163 observateurs actuellement en Syrie.

Ce premier rapport intervient alors que les appels se multiplient pour que le dossier syrien soit transféré à l'ONU. L'opposition syrienne a ainsi accusé les observateurs d'être «manipulés» par le régime et la Ligue de s'être montrée incapable de faire cesser les violences.

Plus de 5.000 morts depuis neuf mois

Les premiers observateurs ont entamé leur mission le 26 décembre à Damas, tandis que la dernière délégation en date est arrivée samedi, en provenance de Jordanie, pour surveiller l'application du plan arabe de sortie de crise prévoyant en premier lieu l'arrêt des violences.

Dans la nuit de samedi à dimanche, de violents affrontements ont opposé des soldats et des déserteurs dans le village de Basr al-Harir, dans la province de Deraa (sud), faisant 11 morts dans les rangs de l'armée régulière, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Depuis plus de neuf mois, la répression de cette révolte par le régime a fait plus de 5.000 morts, selon une estimation de l'ONU en décembre, et samedi, 21 civils, dont quatre manifestants pro-Assad, ont encore péri. Vendredi, un nouvel attentat dans le centre de Damas avait aussi fait 26 morts.

La politique «molle» de la Ligue arabe

Le général Dabi, dont la nomination fait polémique car il a dirigé un temps les forces nordistes pendant la guerre civile avec le Sud, avant d'être impliqué dans le conflit au Darfour, a estimé dans le journal britannique The Observer qu'il était trop tôt pour juger sa mission.

«C'est la première fois que la Ligue organise une telle mission. Et elle vient juste de commencer, donc je n'ai pas encore eu le temps de me faire une opinion», a-t-il déclaré. La Ligue arabe a récemment reconnu des «erreurs» mais a défendu la mission, assurant qu'elle avait permis la libération de détenus et le retrait des chars des villes, des affirmations contestées par les militants pro-démocratie.

L'opposition syrienne a pour sa part qualifié cette mission d'«échec» et appelé l'ONU à intervenir, estimant que la politique «molle» de la Ligue à l'égard du régime avait conduit «à une hausse des morts dans la répression».

Pas de retrait mais un renforcement de la mission

Amnesty International a souhaité que le rapport du général Dabi montre clairement les «graves violations des droits de l'Homme» qui se poursuivent en Syrie. Selon un bilan de l'organisation vendredi, au moins 134 civils, et peut-être beaucoup plus, ont été tués depuis le 26 décembre.

Le secrétaire général adjoint de la Ligue, Adnan Issa, a toutefois assuré à l'AFP qu'«aucun projet de retrait des observateurs n'(était) à l'ordre du jour de la réunion du comité ministériel. Nous ne parlons pas de retrait mais du renforcement de cette mission».

Samedi, des milliers de Syriens ont participé aux funérailles des 26 victimes de l'attentat perpétré la veille à Damas, une attaque «terroriste» selon les autorités qui ont promis de répliquer d'«une main de fer», tandis que l'opposition pointait le régime du doigt.