Le candidat à l'investitude républicaine, Rick Santorum, le 4 janvier 2012, lors d'un meeting dans le New Hampshire.
Le candidat à l'investitude républicaine, Rick Santorum, le 4 janvier 2012, lors d'un meeting dans le New Hampshire. — C.KRUPA/AP/SIPA

POLITIQUE

Primaires républicaines: Rick Santorum se pose en champion de la droite religieuse

Il a créé la surprise dans l'Iowa, terminant quasi-exæquo avec Mitt Romney...

De notre correspondant à Los Angeles

A la surprise générale, Rick Santorum a réussi à enflammer l'électorat de l'Iowa, terminant un cheveu (8 voix) derrière le favori Mitt Romney, à 25% des suffrages. Trois questions pour le lecteur français: qui est Rick Santorum; a-t-il une chance d'être le candidat républicain; et peut-il inquiéter Obama.

Santorum, le défenseur des valeurs morales

 

Avec ses airs de boyscout, l'ancien représentant –puis sénateur– de Pennsylvanie veut s'imposer comme le champion de la droite religieuse. Un nombre d'enfants trop grand pour se compter sur les doigts d'une main (six): check. Sa foi catholique? Régulièrement mise en avant. La messe? En latin, évidemment. Des positions anti-gay et anti-avortement défendues avec ferveur (jusqu'à se faire accuser de bigoterie dans une interview sur CNN), un scepticisme sur le réchauffement climatique et l'évolution: check et re-check.

 

Parfois, Santorum dérape un peu. Comme en 2003, dans une intervirew surréaliste avec AP, où il s'empêtre pour expliquer qu'il n'a «rien contre les homosexuels» mais qu'il a un problème avec «les actes homosexuels», avant de défendre des lois interdisant la sodomie dans certains Etats et de digresser sur la zoophilie. Il s'attire aussi les foudres de Ted Kennedy après avoir déclaré qu'il n'était «pas surprenant» que le scandale des évêques pédophiles ait eu lui à Boston, repère du «relativisme moral». En guise de protestation, Dan Savage, un militant de la cause gay&lesbienne, a lancé le site peu flatteur SpreadingSantorum.com. Le Google bombing a eu tellement de succès que la page est toujours dans le tiercé des résultats d'une recherche «santorum».

 

En matière de politique étrangère, cet avocat de formation épouse pleinement la doctrine néoconservatrice de l'administration Bush. Il y a encore quelques jours, il prônait des frappes préventives contre l'Iran, accusant Obama de ne pas être assez ferme. Avec sa politique économique, il veut simplifier le code fiscal pour revenir aux taux d'impositions de l'époque Reagan. Il promet des coupes pour réduire la dette de 5.000 milliards de dollars.

 

Ses chances de s'imposer

En un mot: minimes. L'Iowa est un baromètre très aléatoire. En 2008, John McCain avait terminé 4e. Ronald Reagan s'était également incliné. Au niveau national, Santorum n'a jusqu'ici pas dépassé les 5% d'intentions de vote. Son bon résultat va à coup sûr le propulser sur le devant de la scène, comme cela avait été le cas pour Mike Huckabee. Mais cette fois, la lutte est plus relevée, avec Mitt Romney, Ron Paul et Newt Gingrich.

 

L'espoir de Santorum, c'est de récupérer une partie du vote ultraconservateur de Michele Bachmann, qui a jeté l'éponge, et de Rick Perry, actuellement dans les cordes. Pour cela, les prochains jours et sa capacité à lever des fonds dans son élan seront cruciaux.

 

Et face à Obama?

Dans un duel face au président sortant, Santorum accusait, fin décembre, entre 10 et 15 points de retard, selon les sondages. A l'heure actuelle, Mitt Romney est le seul à faire presque jeu égal avec Obama. Santorum dispose toutefois d'un argument intéressant: en Pennsylvanie, il a battu des démocrates à trois reprises en mettant notamment en avant ses racines ouvrières. Obama, lui, a toujours peiné pour séduire la working class, notamment l'électorat masculin, blanc et centriste. Mais un match Santorum-Obama est encore loin. Désormais sous le feu des projecteurs, Rick Santorum va devoir faire ses preuves. A commencer par le New Hampshire et la Caroline du sud, les 10 et 21 janvier.