Pétrole iranien: L'UE trouve un accord de principe sur un embargo

Reuters

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Un champ de derricks, qui abritent des dispositifs de forage de puits de pétrole.
Un champ de derricks, qui abritent des dispositifs de forage de puits de pétrole. — Ron/SUPERSTOCK/SIPA

Les pays de l'Union européenne sont parvenus à un accord de principe pour mettre en place un embargo sur le pétrole iranien, a-t-on appris ce mercredi auprès de plusieurs sources européennes. Cet accord sera mis au point d'ici la fin du mois, une fois arrêtées les modalités et la date de début de cet embargo, toujours en discussion entre les Vingt-sept, précise-t-on.

«Beaucoup de progrès ont été faits depuis décembre. Le principe d'un embargo pétrolier fait consensus. Cela n'est plus l'objet de débat (entre les gouvernements de l'UE)», a déclaré l'une des sources. «Les discussions portent désormais sur le timing et les modalités», a ajouté cette source.

La Grèce réticente

Des discussions entre Etats membres qui se sont tenues dans les derniers jours de décembre ont permis de rapprocher les positions et de convaincre les pays qui étaient réticents à un tel embargo.

Début décembre, la Grèce, qui se procure à crédit environ 50% de son pétrole auprès de l'Iran, s'était opposée à cet embargo, craignant que celui-ci ne déprime encore son économie.

Athènes, qui a levé ses objections, réclame désormais qu'il ne prenne effet que dans plusieurs mois, ce à quoi s'opposent une majorité d'Etats membres, qui veulent que l'embargo démarre sans attendre.  Une réunion est prévue jeudi au niveau technique à Bruxelles pour discuter de ces questions.

45.000 barils par jour aux Etats membres

Face à ces menaces, l'Iran est en mesure de faire face à un embargo européen et continuera d'exporter quelque 2,3 millions de barils par jour cette année, a assuré S.M Qamsari, directeur international de la National Iranian Oil (NIOC). «Nous pouvons très facilement remplacer ces clients», a-t-il déclaré à Reuters par téléphone. Certaines des exportations pourraient être redirigées vers la Chine ou d'autres pays asiatiques et en Afrique, a-t-il ajouté.

Téhéran fournit environ 450.000 barils par jour aux Etats membres de l'UE. En décembre, le commissaire européen à l'Energie, Günther Öttinger, avait indiqué qu'en cas d'embargo pétrolier sur l'Iran l'Europe pourrait s'approvisionner d'autres sources, notamment du premier pays de l'OPEP, l'Arabie saoudite.