Russie: L'élection présidentielle déjà sous haute tension

OPPOSITION Les manifestations anti-Poutine se multiplient à deux mois de la présidentielle...

Armelle Le Goff

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Interpellation d'un opposant au régime avant-hier à Saint-Pétersbourg.
Interpellation d'un opposant au régime avant-hier à Saint-Pétersbourg. — D. LOVETSKY / AP / SIPA

«Le coût inévitable de la démocratie.» C'est ainsi que Vladimir Poutine, actuel Premier ministre et candidat à la prochaine élection présidentielle, a qualifié samedi, lors de ses vœux, les manifestations qui se sont tenues ces dernières semaines en Russie.

Mais l'ex-président (de 2000 à 2008), qui brigue un troisième mandat le 4 mars, a beau dénigrer les rassemblements, ceux-ci n'en sont pas moins aussi inédits que surprenants dans un pays où toute prise de parole publique est très surveillée. Preuve de la fébrilité du pouvoir, la police a procédé à des dizaines d'arrestations samedi.

Limonov interpellé

Parmi les personnes interpellées, l'écrivain Edouard Limonov, à qui Emmanuel Carrère a consacré son dernier livre (Limonov (éd. P.O.L.)). «La Russie sans Poutine», scandaient les manifestants qui ont promis un nouveau rassemblement pour le courant du mois de janvier, sans pour autant fixer de date. Né aux lendemains des élections législatives controversées du 4 décembre dernier, remportées par le parti de Vlamidir Poutine, Russie unie, le mouvement reste pour l'instant peu structuré.

D'ailleurs, même si l'effet d'écho avec les révolutions arabes de 2011 est indéniable, Vladimir Poutine devrait réussir à se faire réélire en mars prochain. Mais peut-être sera-t-il tenu d'amender quelque peu le fonctionnement des institutions. L'actuel président, Dmitri Medvedev, a annoncé lors de son ultime discours sur l'état du pays, prononcé le 22 décembre dernier, des mesures pour faire élire les gouverneurs de province, faciliter la création de nouveaux partis politiques, donner plus de liberté à la presse, et lutter contre la corruption.

Vœux pieux ? Pas si sûr, selon le Washington Post, qui évoque dans un récent éditorial un Dmitri Medvedev «timide, inefficace et en fin de compte sans réel pouvoir durant sa présidence», mais qui, en tant que futur Premier ministre, pourrait peser pour un assouplissement du régime.