Kazakhstan: Le parquet accuse la police d'avoir tiré sur des manifestants

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Le parquet général du Kazakhstan a accusé jeudi pour la première fois la police d'avoir tiré sur des manifestants lors de la répression sanglante le 16 décembre d'un mouvement de grève dans le secteur pétrolier qui a fait 16 morts à Janaozen, ville de l'ouest du pays.
Le parquet général du Kazakhstan a accusé jeudi pour la première fois la police d'avoir tiré sur des manifestants lors de la répression sanglante le 16 décembre d'un mouvement de grève dans le secteur pétrolier qui a fait 16 morts à Janaozen, ville de l'ouest du pays. — Anatoly Ustinenko afp.com

Le parquet général du Kazakhstan a accusé jeudi pour la première fois la police d'avoir tiré sur des manifestants lors de la répression sanglante le 16 décembre d'un mouvement de grève dans le secteur pétrolier qui a fait 16 morts à Janaozen, ville de l'ouest du pays.

«Le parquet général a ouvert une enquête sur l'utilisation par les forces de sécurité d'armes ayant entraîné la mort» de personnes par «abus de pouvoir», a-t-il indiqué dans un communiqué. «Les enquêteurs examinent les circonstances de chaque décès, en particulier les agissements illicites des policiers et l'utilisation de leur arme de service», a-t-il souligné. «Des expertises judiciaires sont en cours» et une série de mesures ont été prises pour «garantir la transparence de l'enquête en cours», a ajouté le ministère public.

Des violences inhabituelles

Certaines des victimes n'ont pas été abattues par la police, a cependant observé le parquet, citant notamment le cas d'un homme tué par des «hooligans». Une commission spéciale a été créée pour examiner les plaintes dénonçant des arrestations illégales et des faits de tortures, a ajouté le parquet.

De son côté, le ministère kazakh de l'Intérieur a annoncé que 40 organisateurs de troubles et participants à ces événements avaient été identifiés à ce jour à Janaozen -18 d'entre eux sont en détention- et que dix autres suspects avaient été arrêtés dans le village avoisinant de Chetpe. Les autorités kazakhes avaient indiqué précédemment qu'au moins 16 personnes avaient été tuées dans la région de Manguistaou, sur les rives de la mer Caspienne, où des violences avaient éclaté, dont 15 dans la ville de Janaozen, épicentre des heurts.

L'annonce du parquet intervient après la récente publication sur l'internet d'une vidéo montrant des membres des forces de sécurité kazakhes tirant à l'arme automatique sur des contestataires en fuite et frappant d'autres, blessés, au sol. Le régime kazakh a affirmé que les troubles avaient été organisés par des «voyous» qui s'étaient cachés derrière les employés en grève dans ce pays d'Asie centrale, qui regorge d'hydrocarbures.

Vidéo: Répression d'une manifestation au Kazakhstan

L'opposition a accusé la police d'avoir réprimé dans le sang un mouvement de contestation sociale et a dénoncé des dizaines d'arrestations ainsi que le recours à la torture dans les prisons de Janaozen. Les violences de ce type sont inhabituelles dans cette ancienne république soviétique qui se targuait d'être l'Etat le plus stable de la région, d'attirer les investisseurs étrangers et qui entretient de très bonnes relations avec l'Occident, la Russie et la Chine.