Israël: Le responsable de la mort d'une jeune femme se réfugie en France pour échapper à la justice israélienne

FAITS-DIVERS Carla Bruni-Sarkozy a écrit à la mère de la professeure de 25 ans pour lui assurer la coopération des autorités françaises...

Corentin Chauvel

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Une marche de mémoire en l'honneur de Lee Zeitouni, le 8 décembre 2011, à Tel Aviv (Israël).
Une marche de mémoire en l'honneur de Lee Zeitouni, le 8 décembre 2011, à Tel Aviv (Israël). — J.GUEZ / AFP

Un véritable casse-tête judiciaire. Après sa fuite en France, un conducteur français responsable de la mort de Lee Zeitouni, une Israélienne de 25 ans, renversée en septembre dernier par sa voiture à Tel-Aviv, n’a toujours pas été inquiété par la justice, tout comme son accompagnateur, rapporte Le Parisien ce mercredi.

Le 16 septembre dernier, deux hommes de 38 et 40 ans sont en voiture dans la ville israélienne lorsque le conducteur grille un feu rouge, fauchant cette professeure de gymnastique qui meurt sur le coup. Ne s’arrêtant pas, les deux Français se rendent directement à leur appartement avant de fuir le pays le soir-même.

«Tellement pressés qu’ils ont laissé un bébé à la nounou»

«Ils étaient tellement pressés qu’ils ont laissé un bébé aux bons soins de la nounou», a précisé la mère de la victime, citée par Le Parisien. Si l’un des deux Français a indiqué «regretter» son acte, les deux hommes ne veulent surtout pas «croupir vingt ans en prison» en Israël. Bénéficiant d’un véritable imbroglio judiciaire, ils sont toujours en liberté à l’heure actuelle.

Les faits ne s’étant pas déroulés sur le sol français et la France n’extradant pas ses ressortissants, les deux hommes ne risquent en effet pas d’être inquiétés pour le moment. Mais les autorités françaises se sont tout de même mobilisées pour qu’ils soient jugés d’une manière ou d’une autre, notamment par l’intermédiaire de Carla Bruni-Sarkozy qui a envoyé vendredi dernier une lettre de soutien à la mère de Lee Zeitouni.

Vers un procès en France

«Les autorités françaises et israéliennes coopèrent activement pour que les procédures en cours se déroulent rapidement et efficacement», a écrit la Première dame. A l’heure actuelle, le parquet de Créteil, a été saisi dans le cadre d’une commission rogatoire internationale et a transmis début décembre en Israël le résultat de son enquête.

Un procès pourrait ensuite avoir lieu en France si l’Etat Hébreu déclenche une procédure dite de «dénonciation officielle», explique Le Parisien. C’est ce que souhaite l’avocat des deux Français, Joseph Cohen-Saban: «Vu le contexte, ils sont morts de trouille car ils craignent des représailles. Mais ils sont tout à fait prêts à répondre à toutes les convocations de la justice française et même, s’il le faut, à aller en prison.»